‹ La fin d'un peupleChapitre 22 sur 166 · Liv. IV · texte numérisé non relu

Liv. IV

l'accès au consulat 23

Jupiter très bon et très grand ne pas laisser tomber si bas la majesté royale 1 puissions-nous mourir mille morts avant de subir cette proianation ' » ! . . Il fallut pourtant céder et consentir au partage du pouvoir. Rusé jusqu'au bout, habile jusque dans les profondeurs de la défaite, le patriciat sut. sous un prétexte religieux, se réserver l'avenir. Il fit décider qu'il n'y aurait plus de consuls ; mais qu'à leur place on nommerait cinq tribuns militaires, revêtus de la même puissance qu^avaient les consuls, occupant leurs fonctions de la même manière et pour une même durée que faisaient les consuls. Par là il ne gardait pas seulement pour lui-même le prestige du nom; il avait encore l'arrière-pensée, en rétablissant un jour le consulat, de reprendre le monopole des fonctions suprêmes.

Et en efltet, trois mois à peine se sont écoulés depuis l'entrée en chargé des premiers tribuns militaires, qu'un décret des augures les obligea abdiquer, « sous prétexte que le président des comices en dressant la tente augurale n'a pas observé toutes les formalités convenables ^ », — et qu'ils sont remplacés provisoirement par des consuls. Ce provisoire dure dix ans. En 322, l'opiniâtreté des tribuns de la plèbe qui, par des déclamations perpétuelles, se sont opposés à la tenue des comices consulaires, réussit à faire revivre le tribunat militaire ; mais le fruit de la victoire échappe à ceux qui l'ont gagnée : le choix du peuple ne tombe que sur des patriciens.

Ceux-ci sont si habiles et si riches ! Quand la

Page 1