Uv. IV
brigue et les artifices ne réussissent plus, on fait intervenir la religion. S'il y a une peste ou une disette, ou quelque autre événement extraordinaire, les augures déclarent que a les dieux ont vu avec colère livrer les honneurs aux mains du peuple et confondre les différences entre les ordres », et on rétablit le consulat. Grâce à ce jeu fort adroit, le Sénat parvient à rendre tout-à-fait inutile la loi de Canuleius, et les ambitieux sont furieux, se plaignent : a Nous avons, disent-ils, après une lutte acharnée et malgré de vives résistances, obtenu que Ton puisse prendre dans les rangs de la plèbe les tribuns militaires revêtus de la puissance consulaire. Et k)rsque des hommes d'un mérite éprouvé ont recherché les honneurs, ils ont été repoussés, flétris par de constants refus, et ont servi de jouet aux patriciens. Le peuple les a si bien abandonnés qu'ils ont fini par perdre courage et cessé d'affronter ces hontes publiques. Vraiment, cette loi dont il n'est fait aucun usage, on devrait bien l'abroger* » !
La question des terres publiques nVst pas résolue. — Habile politique du Sénat. — Le projet A' émigration h Veies. — Victoire partielle de la plèt)e.
En attendant, la question des terres publiques n'était pas résolue et se représentait avec une nouvelle force. Dès 314, huit ans après l'institution du tribunat militaire, elle est soulevée par le tribun du peuple Petilius, — sans le moindre succès d'ailleurs.