Uv. V, 24. Cf. Belot, op. cit., I, p
qu'on propose sérieusement à tout un peuple, — un peuple de cinq cent mille âmes ^ , — d'abandonner soudainement ses autels et ses foyers, et les temples de ses dieux, et le spl qui l'a vu naître, pour se transporter dans une ville conquise, fût-elle cent fois plus belle que l'ancienne, pour aller cultiver un territoire nouveau, fût il cent fois plus fertile que l'ancien ? Ce que les tribuns proposèrent au peuple, ce fut la fondation à Veies d'une rivale de Rome, d'un autre Capitole, d'un nouveau marché, d'un État où ils deviendraient leurs propres maîtres, profiteraient de leurs victoires, se développeraient à leur aise. . . Et ce qui fit tomber la proposition, ce ne furent pas les objurgations de Camille, mais la capitulation du Sénat, lequel décréta, — non pas sans doute comme dit Tite-Live après le vote et en témoignage de sa satisfaction, mais avant le vote et par crainte de plus grands maux, — que le territoire pris sur les Veiens ne serait pas le monopole des patriciens mais le bien de tous, qu'il ne serait point abandonné au riche occupant mais accessible à tout petit cultivateur, que « jusqu'à concurrence de sept jugera par tête libre de sa maison, chaque chef de famille y pourrait prendre sa portion ^ ».
Les Gaulois à Rome. — La question des deltes de nouveau posée. — Manlius Capitolinus. — Marasme de la plèbe.
La victoire, en ce qui concernait la question agraire, n'était que partielle : nombre de citoyens
1. Les listes du cens donnent, en 364, le chiffre de 152,573 citoyens en état de porter les armes (Pline, XX^III, 5).