VI INTRODUCTION
lisait Horace, Ovide, Properce, Tibulle, Catulle... Et, tandis que cette phalange incomparable de poètes attestait la vitalité de son esprit, les splendeurs de ses édifices, le luxe de ses spectacles, rétendue de son commerce, disaient sa richesse et sa prospérité matérielle.
Il n'était pas difficile de voir pourtant, sous ces brillants dehors, que la société romaine marchait à sa ruine ; que le vieux peuple du Latium, dont les destinées semblaient éternelles, était marqué du doigt par Tange de la mort ; que Tœuvre même de ce peuple, — Tltalie aux pieds de Rome, et Tunivers aux pieds de Tltalie, — si affermie qu'elle parût, tremblait à sa base.
Un point noir à l'horizon du ci^l ensoleillé annonçait le mauvais temps proche.... L'Italie se dépeuplait, le sang latin s'éliminait, le monde romain se renouvelait par le dehors.... Et l'empereur Auguste lui-même, s'adressant un jour de fête à ses concitoyens, dénonçait le mal en ces termes : « Comment voulez-vous que Rome subsiste, si vous refusez de vous marier et si vous n'élevez plus d'enfants? Ce ne sont pas les maisons, les portiques, les places publiques, qui font les cités, mais les hommes ! Espérezvous que, comme dans la Fable, il sortira de la terre des hommes pour vous succéder? Quelle honte, quel sacrilège, si le nom romain s'éteignait avec nous, si notre ville était livrée à des étrangers, à des Grecs, à des Barbares » !