Liv. VI, 14 et s
» et la preuve qu'une partie des citoyens dévore » l'autre! » Mais la plèbe est dans le marasme. En 376, au moment où la guerre est déclarée contre les Prénestins, ses tribuns essayent encore de la remuer : « Si vous gardez au cœur un souvenir du libre esprit » de vos ancêtres, vous ne souflfrirez pas qu'on fasse » une levée, avant qu'on ait examiné les dettes et » avisé au moyen de les réduire; avant que chacun » ne sache bien ce qu'il a et ce qu'il n'a pas, s'il est *) libre ou exposé à la servitude * ». Mais les résolutions les plus hardî%s tombent devant les menaces de l'ennemi et la crainte d'un dictateur. Une fois pourtant, à l'approche d'une nouvelle campagne, le Sénat dut subir la condition qu'on suspendrait provisoirement toutes poursuites contre les débiteurs ; mais la campagne finie, les poursuites recommencent, et « le peuple est contraint de se soumettre car les tribuns n'ont plus d'enrôlement à combattre 2. » Jamais l'écrasement n'a été tel. « Les esprits sont tellement abattus que, loin de disputer aux patriciens le tribunat militaire pour lequel on avait tant lutté autrefois, on ne cherche plus même à prendre en main les magistratures plébéiennes ^ ! »
' Mais la fortune a des retours inattendus : l'heure du triomphe définitif était venue. La plèbe le dut à un homme opiniâtre, à Licinius Stolon.
i. Liv. VI, 27.