‹ La fin d'un peupleChapitre 34 sur 166 · LE TRIOMPHE DE LA PLEBE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA PLEBE

devient de plus en plus facile, tandis que s'adoucit la législation répressive et que la loi Pétilla décide (en 429) que les biens, et non plus le corps du débiteur, répondront désormais de la dette.

Comment les réformes de Licinius seraient-elles stériles, lorsqu'il y a des magistrats spéciaux qui veillent à leur exécution : les édiles ?... Les édiles sont chargés de poursuivre les usuriers et de les faire condamner à des peines sévères. De nombreux exemples donnés par Tite-Live prouvent qu'ils s'acquittent à merveille de cette partie de leur charge. — En 410 : « Il y eut cette année-là quelques jugements cruels du peuple contre les usuriers que les édiles avaient cités devant lui. » En 457, a les édiles poursuivirent quelques usuriers, et, de l'amende à laquelle ils furent condamnés on se servit, pour construire la porte d'airain du Capitole, pour paver en pierres carrées le chemin qui conduit de la porte de Capènes au Champde-Mars, etc. » — En 561, « il y eut plusieurs condamnations sévères prononcées à la requête des édiles contre des usuriers. Le produit des amendes qu'on leur infligea servit à fabriquer des quadriges d'or et douze boucliers de même métal, qui furent déposés comme offrande dans le temple de Jupiter. » . . .Et avec la même rigueur, les édiles poursuivent les infractions à la loi suf l'occupation des terres publiques. Le premier de tous, l'auteur même de la loi, Licinius Stolon, fut condamné sur leurs poursuites à une amende de dix mille as, comme possédant mille jugera de terres publiques, le double du maximum permis : il avait essayé de frauder ses propres dispositions, en mettant sur la tête de. son fils émancipé la

moitié de ces mille jugera. Et nous savons encore par Tite-Live qu'un demi-siècle plus tard, en Tan 454, « un grand nombre de citoyens furent mis en jugement par les édiles, et condamnés avec une sévérité qui mit pour longtemps un frein puissant aux envahissements de la cupidité M).

Aussi bien le siècle qui suivit la promulgation des lois liciniennes est-il véritablement Tàge d'or de la petite propriété. C'est l'époque vantée par Caton où, (( en disant d'un bon citoyen : c'est un bon agriculteur, on atteignait les limites extrêmes de la louange », — regrettée par Columelle où « tant de citoyens romains célèbres par leurs victoires se sont distingués, soit en défendant, soit en cultivant, les terres qu'ils avaient conquises ou reçues en héritage ! » — « Alors, s'écrie Valère Maxime, les consuls occupaient leur temps à fertiliser le sol de Pupinies, et, ignorant nos délicatesses, ameublissaient aux prix de leurs sueurs ces terres compactes et rebelles. Ceux que les périls de la République appelaient au commandement suprême, leur pauvreté, oui leur pauvreté, les forçait à conduire la charrue »> ! Régulus, vainqueur en Afrique, sollicite son rappel : le mercenaire qu'il avait laissé pour cultiver son modeste champ s'est enfui en emportant tous les instruments de culture, et il craint que sa femme et ses enfants ne meurent de faim. Curius, le vainqueur de Pyrrhus, refuse le don des cinquante jugera qui lui sont offerts par le peuple en reconnaissance de ses grands services : « Le citoyen » à qui sept jugera ne peuvent suffire est un mau-

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