LE TRIOMPHE DE LA PLÈBE
» vais citoyen », dit-il, pour motiver son refus. Fabius Maximus, le dictateur, a besoin d'argent pour racheter les prisonniers faits par Annibal ; il envoie son fils à Rome vendre le seul bien qu'il possédât, une terre de septjugera\
Dan9 ce tableau champêtre et pastoral que tes écrivains du siècle d'Auguste nous* ont tracé des temps qui n'étaient plus, où tout le monde est frugal et désintéressé, où l'égalité règne en souveraine, où généraux et soldats sont les uns et les autres de petits cultivateurs, — plus d'un détail est assurément légendaire, mais le fond est vrai. Pastourage et labourage ont été les deux mamelles de Rome, comme elles furent celles de la France aux siècles passés. « Victoires et conquêtes, dît Mommsen, ont été la part d'un grand nombre de peuples : nul peuple, autant q«e le peuple romain, n'a su s'approprier la terre en y versant ses sueurs après la victoire, et conquérir une seconde fois par le soc de la charrue ce que l'épée avait d'abord gagné. La guerre peut reprendre ce qu'elle donne : la charrue ne rend jamais le terrain qu'elle a fécondé. Les Romains ont perdu plus d'une bataille : je ne sache pas de paix qu'ils aient subie avec perte notable de territoire. Le paysan romain défendit son champ avec autant de bonheur que d'opiniâtreté. Commander au sol fait la force de l'homme et de l'État. La grandeur romaine eut son fondement le plus inébranlable dans l'unité compacte de la forte et exclusive classe des laboureurs ».
Cet amour du paysan romain pour la terre qui fit