‹ La fin d'un peupleChapitre 36 sur 166 · Gat., prœm.; Coliim., I, 3; Val.-Max., IV · texte numérisé non relu

Gat., prœm.; Coliim., I, 3; Val.-Max., IV

la grandeur de Rome ne fut point, (comme Michelet Ta dit à propos du paysan français), celui de Tamant pour sa maîtresse, mais bien plutôt celui de l'enfant pour sa mère, Italia nutrix I II n'a jamais vu, dans la possession, un moyen de jouir, mais simplement de vivre. L'espace s'ouvrait devant lui à perte de vue ; la propriété, facile à acquérir, n'avait qu'une valeur intrinsèque insignifiante ; son lopin de terre ne représentait pas le moins du monde un capital épuisable et limité ; le sol était un outil, prêt à se multiplier à rinfiiri.Il ne se disait pas, comme, en nos pays denses, le petit propriétaire qui sonde l'avenir : « Plus il y aura d'héritiers au partage et moins sera grande la part de chacun ! », mais : « Plus y aura de bras à la charrue, et plus la terre donnera de fruits I »

Aussi l'accroissement de la population suit une marche parallèle au développement de la petite propriété. Consultez les listes du cens : elle nous donnent le nombre des citoyens en état de prendre les armes, c'est-à-dire, jusqu'à l'époque troublée où les prolétaires seront admis dans les armées, le nombre des propriétaires âgés de dix-huit à cinquante ans. En l'an de Rome 288, à l'heure où la plèbe remporte son premier triomphe, le recensement nous offre le chiffre de 104,214. Quelques années avant son triomphe définitif, en 364, le chiffre est monté à 159,000. Un siècle après, au cens de l'année 464, il dépasse 270,000. Quarante années plus tard, à l'apogée, il atteint 300,000 — En dépit des guerres et des épidémies, la force de Rome en soldats, et par conséquent en population, s'est accrue, durant l'espace de deux siècles, dans la proportion de un à trois.

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