Sil Ital., XVI in fin
pousse à Toffensive, c'est la politique : « Carthage n'est distante de Rome que de trois jours de navigation », remarque Caton, et il conclut comme Scipioh. Delenda est Carthago/
Et le nom de Carthage* est rayé de la carte du monde. Mais ce n'est là qu'un commencement. Le vainqueur de Zama est à peine descendu du Capitole qu'un des consuls se lève et, devant les centuries assemblées, propose la résolution suivante : a Veuille » et ordonne le peuple romain, que la guerre soit » déclarée au roi Philippe et aux Macédoniens ses » sujets, pour avoir fait injure et guerre aux alliés ». Les centuries tout d'une voix repoussent la proposition : elles en ont assez de gloire et de combats ; elles veulent le repos et la paix. — « Vous voulez donc revoir en Italie un nouvel Annibal ! », s'écrie le consul, et cette seule parole suffit à faire revenir les centuries sur leur vote. Le peuple romain ne s'appartient plus.
« Lorsqu'on voit deux grands peuples se faire une guerre loQgue et opiniâtre, c'est souvent une mauvaise politique de penser qu'on peut demeurer spectateur tranquille : car celui des deux peuples qui est le vainqueur entreprend d'abord de nouvelles guerres*». Cette remarque, — combien justeet combien vraie, nous l'avons appris à nos dépens 1 — Montesquieu la lait à propos de Rome et de Carthage. « Le^ Romains eurent à peine dompté les Carthaginois qu'ils attaquèrent de nouveaux peuples et parurent dans toute la terre pour tout envahir. » Rome bientôt ne