LA CONQUÊTE DU MONDE
Nous le retrouvons, Tân 570, en Espagne, où, sous les ordres de Flaccus, il marche à la poursuite des Celtibères : désigné pour figurer aux solennités du triomphe, il accompagne son chef à Rome ; mais retourne en Espagne, le triomphe célébré, se mettre aux ordres du préteur Tib. Semp. Gracchus, le père des Gracques. Quand Tiberius passe en Sardaigne, il , le suit. En 578 enfin, se sentant vieillir, il songe à se reposer : vingt-six années de services, vingtdeux campagnes, trente-quatre prix de bravoure, six couronnes civiques, ne lui ont-ils pas mérité le rfepos ? Mais il faut partir encore. Rome a déclaré la guerre à Persée, Rome a besoin de ses Vétérans. Et le vieux centurion repart pour cette Macédoine où il a fait ses premières armes et d'où il ne reviendra, s'il en revient, que dans trois ou quatre années*.
Dans l'intervalle de ces multiples expéditions, Ligustinus, le croirait-on ? a trouvé le temps de fonder une famille, et une famille nombreuse. La femme, que tout jeune il avait sur l'ordre de son père épousée, et qui ne lui apportait en dot que sa virginité, a fait preuve de la plus belle fécondité : elle lui a donné six fils et deux filles, et les lui a conservés tous vivants et bien portants... Bel exemple, mais qui n'eut sans doute pas beaucoup d'imitateurs. La plupart des frères d'armes de Ligustinus considérèrent comme assez inutile de laisser une épouse à leur maison d'Italie où ils ne venaient plus qu'en passant, et préférèrent se créer, dans chacun des centres où ils devaient séjourner quelque temps, un foyer d'oc-