‹ La fin d'un peupleChapitre 45 sur 166 · Liv., XLII · texte numérisé non relu

Liv., XLII

casion. « Il vint d'Espagne, rapporte Tite-Live, en Tan 680, une ambassade d'un genre nouveau :

quatre mille hommes , nés du commerce des soldats romains avec les femmes espagnoles, faisaient demander au Sénat une ville où ils pussent habiter^ ».

Avaient-ils bien tort de redouter les charges de la famille? Tandis que, de pays en pays> ils s'en allaient courir les faveurs et les disgrâces de la guerre, que seraient devenus la femme et les petits enfants laissés, dans un coin perdu de la campagne Romaine, sur l'humble domaine familial ? (i.Régulus, le vainqueur de Carthage, comme on voulait à cause de ses succès le proroger au commandement pour l'année suivante, écrivit au Sénat et demanda un successeur : il venait d'apprendre que le mercenaire payé pour cultiver sa terre s'était enfui, emportant les instruments de culture, et craignait de voir sa femme et ses enfants réduits à la misère. Et le Sénat, pour vaincre ses hésitations, décréta, sur le rapport des consuls, que le champ de Régulus serait cultivé par les soins de l'Etat et sa famille nourrie aux frais de la République -.» L'histoire est assurément des plus touchantes. Mais que faisait, en do pareilles circonstances, le soldat laboureur qui n'avait point l'heureuse chance d'être commandant suprême de l'armée ? Les consuls labouraient-ils ses terres ? Est-ce que le Sénat nourrissait les siens ? Si non, le légionnaire était sage qui, incapable de l'entretenir, laissait son foyer vide ; et il ne faisait, en somme, que dicter par avance, au législa-

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