‹ La fin d'un peupleChapitre 47 sur 166 · Plant., Mil. glor · texte numérisé non relu

Plant., Mil. glor

l'exploitation de la province 55

L*exploi talion de la province.

I. L'exploitation commerciale. — L'exploitation financière : proconsuls et publicains ; exacteurs et usuriers. — L'exploitation industrielle. II. Première conséquence de l'exploitation provinciale. — Le paysan romain se fait commerçant ou aventurier. — L'émigration épuise l'Italie.

III. Seconde conséquence, r— L'argent abonde et fructifie. — La classe moyenne de petits propriétaires ruraux est remplacée par une classe moyenne de petits rentiers.

I. Jusqu'à l'époque des guerres puniques, Rome avait vécu dans l'Italie et de l'Italie. Elle n'avait d'autres richesses monétaires que des lingots de cuivre : la première monnaie d'argent fut frappée, si nous en croyons le témoignage de Pline, en l'an 485. Son commerce se réduisait à quelques échanges avec les peuples voisins de l'Italie et avec Carthage. . . A mesure que ses armées pénètrent dans toutes les parties du monde, ses relations commerciales s'étendent, son numéraire croît.

Le tableau qu'avec emphase un des panégyristes de la ville Éternelle, un Grec I tracera au second siècle de l'ère chrétienne, est vrai déjà, trois cents ans plus tôt: « A Rome affluent, de toutes les contrées et de toutes les mers, les produits de toutes les saisons et de toutes les zones. Tout ce que l'agriculture et les mines produisent, tout ce que l'industrie et les arts créent, ce qui naît de la terre et ce qui provient du labeur des hommes, tout cela conflue et se croise sur le marché de Rome. Il y arrive, dans le cours de Tété et de l'automne, tant de produits et de tant de pays qu'on se pourrait croire dans un atelier uni-

versel. On y débarque de telles cargaisons venues des contrées étrangères, que vous vous imagineriez volontiers les arbres de ces contrées à tout jamais dépouillés de leurs fruits, et les populations obligées de venir redemander à Rome ce qui est nécessaire à leurs besoins de ces produits de leur propre sol * » 1 De Sicile, de Sardaigne, d'Egypte, de Numidie, d'Asie-Mineure, le froment ; la soie de Chine, les étoffes de Cos, les perles de la mer Rouge, toutes les merveilles du vêtement ; celles de la table, les oies de la Gaule et de la Germanie, les pintades et les poules de Numidie, les poissons de la mer Noire, les épices de l'Arabie ; l'ivoire de l'Inde, le cristal d'Alexandrie, les blocs gigantesques de marbre de l'Asie-Mineure, les planches magnifiquement veinées des bois les plus précieux de l'Atlas, — toutes ces merveilles remontent le cours paisible du Tibre, ce « fleuve marchand » suivant le langage de Pline, rerum in toto orbe nascentium mercator placidissimm^ . Ne faut-il pas que l'univers entier mette aux pieds de Rome tous ses trésors, ces trésors par lesquels les nations périssent?

totoque arcessitur orbe Quo gens quœque periit 3.

En échange de cette masse énorme d'importations, que livre l'Italie ? Elle n'avait que les récoltes de ses vignes et de ses oliviers ; et si recherchés que fussent ses vins et son huile, ils faisaient bien pâle figure auprès des fruits du sol et des produits de l'industrie

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