‹ La fin d'un peupleChapitre 56 sur 166 · In Verr., V · texte numérisé non relu

In Verr., V

«. Sali., Jugurtha, 6».

bâton... On ne respecte pas plus leurs monuments que leurs personnes. « Un censeur faisait bâtir un temple à la Fortune équestre ; il voulait en faire le plus beau qui se vit à Rome. Dans une de ses promenades, il avait remarqué au pays des Bruttiens des tuiles de marbre qui recouvraient le temple de Junon, et qui lui avaient paru de très bon effet; il les fait enlever et charger dans plusieurs vaisseaux. C'était un censeur qui l'ordonnait : les alliés n'osèrent s'opposer à la consommation du sacrilège^)).

Ayant appris à connaître le prix de la cité romaine, les Italiens cherchèrent à l'acquérir pour eux-mêmes. Or, la loi fournissait deux moyens de devenir citoyen, pour l'usage desquels il fallait venir à Rome et s'y fixer. Si l'on jouissait du droit latin, c'est-à-dire si l'on faisait partie d'une cité qui avait reçu du peuple romain la faveur du jus latinum, on devenait, par le seul fait de franchir l'enceinte romaine, citoyen de plein droit, pourvu qu'on laissât dans sa cité d'origine au moins un enfant. Si l'on ne jouissait pas du droit latin, il suffisait, pour acquérir la cité, de se livrer comme esclave à un citoyen et de se faire affranchir par ce maître de paille : la servitude était une des portes par lesquelles on entrait dans la cité souveraine. . Les Italiens usèrent à l'envi de ces deux moyens.

Et ce fut une cause importante de dépopulation des campagnes. L'Italie affina dans le Latium, et le Latium dans Rome. En Tan 575, les Samnites et les Péligniens, ne pouvant plus fournir leur contingent

Page 1