Liv., XLII, 3; GeU., X, 3; Gic, de Offic. II
de troupes, dénoncent que quatre mille familles des leurs se sont transportées, — pour acquérir le jus latinum, — dans la ville latine de- Frégelles. Vers le même temps, le Sénat reçoit des délégués de nombreuses cités latines qui se plaignent* qu'un grand nombre de leurs concitoyens sont veiTus se fixer à Rome. Les plaintes sont plus vives encore dix ans plus tard. « Si on tolère cet abus, s'écrient » les délégués, en peu de lustres, on verra les cam- » pagnes désertes, hors d'état de pouvoir fournir un » soldat. »
Le Sénat ne demandait pas mieux que de s'opposer à cette immigration. La première plainte des alliés fut suivie d'une enquête, après laquelle on obligea à retourner dans leur patrie d'origine tous les Italiens qui s'étaient fait comprendre dans le cens précédent: il y en eut ainsi douze mille qui partirent. La mesure fut renouvelée à plusieurs reprises, et bientôt la faveur accordée aux Latins retirée. On décidait en même temps, pour prévenir l'introduction par l'affranchissement de nouveaux citoyens, que le maître libérateur, dans toute manumission, ferait le serment qu'elle n'a pas pour but un changement de cité^.
De telles mesures de rigueur enrayaient bien l'inquiétante infiltration des campagnes dans Rome: elles engendrèrent une autre cause, et bien plus néfaste, de dépopulation pour l'Italie. . . Ces Italiens, à qui on refuse les moyens légaux d'acquérir le droit de cité, vont chercher à l'arracher par la force. Marses, Picentins, Samnites, Lucaniens, Peligniens,