LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE
l'ancienne plèbe, son approvisionnement devint une préoccupation de tous les instants : les édiles, qui avaient la police de la ville, firent tous les ans ce que le prœfectm annonœ devait faire jadis dans les années exceptionnelles. Ils se chargèrent d'acquérir des blés, de les recevoir dans les greniers publics, et de les mettre en vente.
Ils auraient pu, ce semble, et ils auraient dû, pour leurs acquisitions, s'adresser à la culture italienne; mais l'étranger offrait de si grandes facilités! Ils n'avaient pour ainsi dire qu'à ouvrir leurs greniers : tout général qui voulait faire de la popularité, tout peuple qui cherchait à gagner les faveurs de Rome, se chargeait de les remplir. Les exemples abondent dans Tite-Live. — « En 549, une grande quantité de blé fut expédiée d'Espagne. » — Trois ans plus tard « Scipion envoie d'Afrique une immense quantité de blé. » — Il en vient encore en 553, l'année suivante, de la même source. — En 557, « les Siciliens envoient à Rome un million de mesures de blé comme témoignage de leur estime pour l'édile Flaminius * » . . Rientôt, des mesures légales, régulières, permanentes, firent arriver sur le marché de Rome les blés du monde entier. La Sicile- fut soumise à la decuma, c'est-à-dire imposée d'un dixième de ses récoltes, dès qu'elle fut sous la domination romaine. En Sardaigne, pendant la seconde guerre punique, il fut exigé une coUatio frumenti qui pesa très lourdement sur les Sardes, si lourdement qu'ils se révoltèrent. Mais leur défection ne leur réussit pas : on perçut, dès qu'ils