Liv., XXX, 26; XXXI, 4 et 50; XXXIII, 4i
furent réprimés, un nouveau frumentum « basé sur la quantité de leurs ressources et sur l'étendue de leur faute »; on les soumit plus tard, comme les Siciliens, à une dccuma régulière. L'Espagne, après sa conquête, avait été imposée de la vingtième partie de ses céréales, vicesima, et la perception de cet impôt donna lieu plusieurs fois à des plaintes très vives de la part des Espagnols. En Asie, depuis les Gracques, existe aussi la decmna. Dans toutes les provinces enfin, le tribut peut être payé, si les contribuables le veulent, totalement ou partiellement en céréales ^ Rien d'étonnant, dans ces conditions, que le blé fût au sixième siècle de Rome d'un bon marché incroyable, incredibili vilitate, — et que les édiles pussent très souvent le livrer au prix de deux as le modius (moins de cinq francs l'hectolitre) : mais Pline l'Ancien, qui relate ce fait, a bien tort d'en féliciter « l'Italie et les mœurs laborieuses de ses habitants ^ ». Cet incroyable bon marché eut au contraire pour résultat, " en réduisant à rien la valeur de la culture italienne du froment, de tarir la fécondité de l'Italie et de contribuer, pour une part importante, à détruire les mœurs laborieuses de ses habitants. Impuissant à soutenir la concurrence pour le blé, le cultivateur devait, afin de résister à la ruine, transformer son genre de culture et, par exemple, remplacer les céréales par la vigne ou par l'olivier : il y eut beaucoup de petits propriétaires qui manquèrent d'initiative, ou qui ne purent pas réaliser la transformation, et qui furent ruinés par la politique économique de l'Etat.