‹ La fin d'un peupleChapitre 62 sur 166 · LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Outre la vigne et l'olivier, il y avait ud troisième procédé de transformation, possible seulement pour les grandes propriétés, ce que la langue italienne appelle la pastorizia. Les trois écrivains d'agronomie qui nous sont restés de Rome s'accordent à dire que ' de faire des prairies pour l'élevage, c'est le meilleur usage qu'on puisse faire de ses terres. « On demandait à Caton l'ancien, quelle était la première richesse dans un patrimoine. (( D'avoir de bons troupeaux », répondit-il. Et la seconde ? « D'avoir de moins bons troupeaux » . Et la troisième ? « Des troupeaux même mauvais »... Varron fait dire à un de ses interlocuteurs : (( Bien des gens mettent en première ligne les bonnes prairies, et je suis de ce nombre». .. Columelle est encore plus affirmatif : a II n'y a rien de plus lucratif, quœstuosissimus, que l'élevage des bestiaux ». Non point, sans doute, que ce soit le procédé de culture qui rapporte le plus, mais c'est celui qui coûté le moins de frais : le nom de prata n'a-t-il pas été donné aux près, comme le remarque Varron qui ne dédaigne pas les jeux de mots, parce qu'ils sont toujours prêts (parata) à rapporter sans exiger de grands soins * ? Les gros propriétaires romains suivirent ces préceptes, et firent du plus grand nombre de leurs terres de vastes prairies.

Rien ne pouvait être plus funeste, non seulement à la petite propriété mais à la culture libre, que cette transformation. Le grand propriétaire ne pouvait pas toujours se priver des services du travailleur libre, lorsqu'il faisait dans ses propriétés la culture du fro-

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