Cic, de o/jr., II, 25; Varr., I, 7 ; Colum., VI, prœ
ment : « Les esclaves, disait Columelle, labourent la terre sans exactitude. Ils comptent plus de semences qu'ils n'en emploient, ne prennent pas assez de soin des terres ensemencées pour les faire venir à bien, diminuent chaque jour (par leur fraude ou leur négligence) le blé que Ton a transporté dans Taire pour le battre, le volent eux-mêmes ou le laissent voler faute de surveillance. Le grain, une fois serré dans les greqiers, n'est point porté avec fidélité sur leur compte. Bref, si le maître lui-même ne peut surveiller sa terre, elle est dégradée et dépréciée en peu de temps * ». D'ailleurs les gros travaux, comme la moisson ou la rentrée des récoltes, exigeaient des bras supplémentaires ; et c'étaient des travailleurs spéciaux, libres, quelquefois des petits propriétaires voisins, qu'on employait pour les exécuter : si bien que Caton, écrivant avant que ne fût accomplie la transformation, recommandait aux grands agriculteurs de placer leur domaine au centre d'une population laborieuse. . . Mais les prairies poussaient toutes seules, et l'on pouvait sans dommage donner la garde des troupeaux au dernier dès esclaves, pessimo cuique servorum noxœ dari ! ^
Ainsi la politique économique se faisait complice de la corruption, de l'oisiveté urbaine, des guerres civiles, de l'activité commerciale, pour chasser de la campagne italienne la race des petits propriétaires et des cultivateurs libres.
\ , Colum. I, 7.