‹ La fin d'un peupleChapitre 7 sur 166 · Fustel de Coulanges, la Cité antique (livre IV, chap · texte numérisé non relu

Fustel de Coulanges, la Cité antique (livre IV, chap

jours de la République. Le peuple qui vient de se donner des consuls, et qui comprend déjà (comme l'attestent les recensements *), deux à trois cent mille âmes, n'est pas, comme quelques uns se l'imaginent, un assemblage informe d'oisifs citadins, vivant de la guerre et de brigandages, mais une population de laborieux campagnards et de sages cultivateurs. Ce peuple, à l'époque où nous le considérons, traverse la période de son existence qu'on peut appeler la période féodale; et il se décompose en trois classes qui rappellent assez bien les seigneurs, les vilains et les serfs de notre très ancienne France : les patriciens, les plébéiens, les clients. Au point de vue du droit, la notion de l'individu, ou tout au moins de la familia plébéienne (la famille composée du père, de la mère et des enfants), s'est dégagée de la notion de la gens, la grande famille seigneuriale qui comprend le praticien et ses clients; et déjà un grand pas est fait vers l'égalité civile. Au point de vue du régime 'des terres, la propriété privée a remplacé la propriété familiale dont il ne reste que des vestiges ; à côté du patricien qui en possède le plus grand nombre et qui le fait cultiver par ses clients, le plébéien, client émancipé, mène sur son modeste héritage une existence indépendante. . L'évolution vers une égalité plus complète ne se fait pas sans peine; et nous allons assister à une lutte de deux siècles entre le patricien et le plébéien, entre le privilégié et l'inférieur, entre le riche possesseur qui

1. Les listes du cens nous présentent, sous le roi Servius Tullius, 80,000, etquaraùte ans après la fondation delà République, près de i20,000 citoyens en état de porter les armes. TLiv. 1, 44. III, 3>.

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