PATRICIENS, PLÉBÉIENS, CLIENTS
veut maintenir ses positions et l'humble propriétaire qui cherche à se développer.
Cette lutte n'est pas, comme on l'a quelquefois prétendu, simplement politique, — l'effort fait p^r ceux qui sont écartés du pouvoir et des fonctions dirigeantes pour atteindre aux honneurs. De conquérir l'égalité politique ^ c'est l'idée peut-être dominante des chefs de la plèbe, des ambitieux qui la mènent : la masse n'y tient guère ; si elle la réclame, c'est qu'elle lui est présentée comme un moyen, et non qu'elle y voie un but.... La lutte est encore civile, et elle est surtout sociale. Ce n'est pas seulement une lutte pour le droit; et la preuve en est que la loi des Douze-Tables, dont Tacite a pu dire sans trop d'exagération qu'elle réalisait l'égalité de droits civils parfaite, finis œqui juris ^ date des premières années du quatrième siècle, et que la lutte s'est prolongée jusqu'à la fin de ce même siècle. C'est avant tout, comme nous Talions voir, une lutte pour la vie.
En droit, ce qui distingue le patricien du plébéien, c'est la naissance et les privilèges attachés à la naissance. En fait, c'est aussi la richesse. Toutes les fois que les historiens nous parlent des patriciens, ils disent indifféremment : les nobles, les grands ou les riches; quand ils parlent de la plèbe, c'est les plébéiens, les humbles, les pauvres indistinctement. — « Si nous différons par la richesse. .», dit dans Tite-Live un représentant de la plèbe qui s'adresse aux patriciens ^
1. Cest-à-dire ïéligibililé de loiiii. car, pour Vêlectorat, le suiïrnge universel existe à Rome et donne complète sntisfaclion.