‹ La fin d'un peupleChapitre 72 sur 166 · k>Ium., I · texte numérisé non relu

k>Ium., I

LES GRANDS PROPRIÉTAIRES lH

nique, — des écrivains les plus illustres de l'époque. Déjà, dans les derniers temps des guerres puniques, (( tandis que les généraux se partageaient avec quelques favoris les dépouilles de Tennemi, les parents et les petits enfants des soldats, s'ils avaient le malheur d'avoir un homme puissant pour voisin, étaient chassés de leurs foyers » : c'est l'historien Salluste qui le remarque à deux reprises*. Cicéron disait d'un riche Romain, contemporain de Sylla, que « par la proscription de tous ses voisins, il avait fini par arrondir ses domaines, et qu'ainsi, d'une multitude de petites propriétés, il était arrivé à former une propriété d'une vaste étendue ». Il range, dans ses Paradoxes, parmi les moyens peu honorables, dont tant de ses concitoyens, et des plus huppés, accroissent leur fortune, les expulsions de voisins (eocpulsiones vicinorum) et les brigandages dans les campagnes, latrocinia in agris. Et revenant une troisième fois sur la même idée dans un autre de ses ouvragés, il s'écriait amèrement : « Nos ancêtres travaillaient à cultiver leurs terres, et n'envahissaient point par cupidité les possessions des autres* ». C'est le même abus que le poète Horace flétrissait dans un passage souvent cité d'une de ses Odes : « Homme avide, on te voit chaque jour arracher les bornes du champ limitrophe et sauter par dessus les limites des voisins que tu devrais protéger I Chassés par toi, l'épouse et l'époux fuient, portant sur leur sein les dieux paternels et les enfants à demi-nus -^ » ! fortunatos nimium /... Trop heureux paysan,

Page 1