‹ La fin d'un peupleChapitre 75 sur 166 · LES CAMPAGNES SE DÉPEUPLENT H · texte numérisé non relu

LES CAMPAGNES SE DÉPEUPLENT H

En quelques-uns de ses vers, Lucain nojs a laissé un navrant tableau de l'Italie : « Les édifices, qui pendent en ruines sous leurs toits à demi rompus, n'écraseront personne dans leur chute... Les maisons n'ont plus de maître qui les défende... L'Hespérie, depuis tant d'années inculte, se hérisse de sauvages bruyères ... On ne voit errer que de rares habitants dans les cités antiques. Les bras manquent aux champé qui les réclament. Un laboureur enchaîné cultive nos moissons... Tant de générations naissent dans le monde entier sans pouvoir peupler nos cités et nos campagnes^ ! ... » Si triste qu'il soit, ce tableau est exact et confirmé dans ses détails par le géographe grec Str^ibon.

Par l'époque où il a vécu, par la sûreté de ses informations, par son impartialité, Strabon est un témoin précieux. Il écrivait à la fm du règne d'Auguste. Il n'a pas composé sa Géographie, comme Pline l'Ancien, cette indigeste compilation qui porte le nom d'histoire naturelle, en accueillant tous les racontars et en collectionnant toutes les légendes; mais il a vu les pays dont il nous donne la description. On ne peut pas l'accuser enfin d'avoir cédé à cette mode de dénigrement, dont on charge volontiers de nos jours maints écrivains de l'Empire : a L'Italie, écrit-il dans sa conclusion, après s'être vue, sous la domination romaine, déchirée à plusieurs reprises par la guerre civile, a été arrêtée sur cette pente funeste de corruption et de ruine par la seule vertu de sa nouvelle constitution et par la sagesse de son prince.

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