Lucain, Pkarsale, I, 24; VII
118 CHAPITRE SKCONU
Il serait difficile de concevoir pour un si vaste empire d'autre gouvernement que le gouvernement d'un seul, que le gouvernement du père sur sa famille. La paix fut-elle jamais mieux établie et la prospérité plus complète, que depuis le jour où Auguste a été investi de cette autotélè ». Nous devons donc le croire avec d'autant plus de foi, si sa description de l'Italie n'est presque d'un bout à l'autre, sans qu'il le veuille, qu'un nécrologe, donne au lecteur l'impression étrange d'une promenade dans un fantastique cimetière de villes.
Il ne faut point partir de trop haut. La Cisalpine, que nous considérons aujourd'hui comme le Nord de l'Italie, a une nombreuse population : « c'est une contrée privilégiée », dit Strabon. Mais nous arrivons dans l'Etrurie, et le nécrologe commence.' « La ville de Pise paraît avoir été très florissante ; mais si aujourd'hui elle jouit encore d'un certain renom, c'est grâce à la richesse de ses carrières et à l'abondance de ses bois ». Populonia est une ville absolument déserte. Cosa n'a même pas l'honneur d'une citation : ses habitants, devenus rares, ont dû, suivant la plaisanterie légendaire, fuir devant l'invasion des rats. Quant à Cœré, « cette ville illustre et naguère si peuplée, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, au point que les thermes qui se trouvent dans ses environs sont, par l'affluence des gens qui s'y rendent pour des raisons de santé, beaucoup plus peuplés qu'elle». Voilà pour le littoral. Des villes de rintérieur> de Gables, de Veies, de Cora,... il n'y a rien à dire: « elles sont tellement déchues, qu'elles n'existent pour ainsi dire plus ». Suivant le mot du poète, des ruines et de