‹ La fin d'un peupleChapitre 78 sur 166 · LES CAMPAGNES SE DÉPEUPLENT · texte numérisé non relu

LES CAMPAGNES SE DÉPEUPLENT

rante, et n'a point reçu après la paix les bienfaits de son influence réparatrice. Les pages que lui consacre Strabon sont la paraphrase du mot de Sénèque : qui veut voir un désert doit aller en Lucanie et dans le Bruttium W « La Lucanie est devenue entièrement barbare. Les populations qui l'habitaient ont tellement souffert des maux de la guerre, qu'elles sont presque réduites à rien, et que les villes qui la composaient ont perdu leur lustre et jusqu'à leur nom. Il n'y aurait qu'à passer, si l'auteur, qui entreprend de donner une description de la terre, devait s'en tenir à l'état présent de chaque contrée et ne devait pas dire quelque chose aussi de son passé, lorsque ce passé a été glorieux ». Quant à l'Apulie, « anciennenbent riche et prospère, les campagnes d'Annibal et les différentes guerres qui ont suivi l'ont dévastée ». La Japygie, — le talon de la botte, — a fut naguère extrêmement peuplée, et l'on y comptait jusqu'à treize villes ; mais elle a tant souffert qu'aujourd'hui, sauf Tarente et Brindes, on n'y rencontre plus que de misérables localités ». Si l'on parcourt le Bruttium, on voit, tout le long de la côte méridionale, se succéder les vestiges des anciennes cités, Crotone, Thurii, Liguria, Héraclée, Métaponte, qui furent, les unes fondées par les Grecs, les autres peuplées de colons latins. Elles ont répandu un vif éclat dans l'histoire. Elles n'existent plus ». Si Rhegium, la capitale, a encore un souffle de vie, u c'est qu'Octave- Augusle, revenant de Sicile où il avait été combattre Sextus Pompée, fut si frappé de l'état de dépopulation

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