Juv., VU
J. Oride, Métam., VI ; Varr.. de'R. Jt.,l, 16 ; Marquardt, La vie priv. d, Rom, t. 11, p. 265.
l'esclavage et le travail 135
qui n'ait ses maçons, ses couvreurs, ses paveurs, ses plombiers, ses vitriers, ses badigeonneurs, ses charpentiers, ses menuisiers, ses tailleurs de pierre et de marbre, ses forgerons . . Je cite au hasard des inscriptions, qui, parfois, ne précisant pas, se contentent d'exprimer par un terme général : fabri qui villœ refeciendœ parati sunt^.
L'orgueil du riche Romain n'est-il pas, que tout ce qui sert à sa consommation vienne du produit de ses terres et du travail de ses esclaves ? — « Il n'achète rien ! Tout ce qu'il consomme naît chez lui ! » s'écrie avec admiration un convive du fastueux Trimalcion, le héros de Pétrone. Et Trimalcion lui-même, offrant du vin à ses invités, dit : « Grâce aux dieux, rien de ce qui, à ma table, fait venir l'eau à la bouche n'est acheté »... Voyez, au contraire, de quelle façon Cicéron parle d'un personnage qu'il veut rendre tout à fait méprisable : « Le pain qu'il mange se prend au marché ; le vin qu'il boit s'achète au cabaret* » I . . . Et c'est ainsi que, suivant la fine remarque de M. Paul Allard ^ à Rome, toute grande fortune, loin de répandre l'aisance autour d'elle et de faire aller le commerce, stérilise le champ de l'ouvrier libre.
IIL — Mais ce n'est point assez pour les riches propriétaires d'esclaves, d'enlever au travail indépendant l'immense appoint de leurs besoins. En dehors même de leur propre consommation et de celle de la familia qui les entoure, ils lui font, bon gré mal