Ad Att., IV
cetle fois, là corruption profiterait à la République ^ Mais déjà à ce moment, de lourdes pénalités étaient venues se joindre à la mesure purement morale imaginée par Caton. Une loi, proposée en 687 par le consul Calpurnius Piso, frappait le candidat,con vaincu d'ambitus, de trois peines. Elle le déclarait indigne de faire partie du Sénat. Elle le rendait incapable d'exercer aucune magistrature. Elle le punissait d'une peine pécuniaire : celui qui aura versé de l'argent pour son élection payera pendant toute sa vie, à chacune des trente-cinq tribus, une rente annuelle de trois mille sesterces, soit, au total, de plus de vingt mille francs ; pour décourager les candidats d'acheter les électeurs, on encourageait les électeurs à se faire acheter par les candidats. . . Le corrupteur trouvait d'ailleurs deux portes de sortie. Impuni devait être celui qui dénonçait et faisait condamner un autre larron. Impuni de même celui qui, ayant promis de l'argent aux tribus, avait omis de tenir sa promesse et n'avait rien versé, — ce qui faisait dire à Cicéron : (( Il y a longtemps que Clodius obéit à cette loi, lui qui promet toujours et ne paye jamais ». Et les candidats enfin, pour lesquels ces deux échappatoires légafux n'avaient pu servir, avaient une dernière ressource, — et que l'auteur des pénalités nouvelles, Calpurnius Piso, connaissait bien, lui qui naguère, ayant acheté les électeurs pour conquérir le consulat, avait échappé à une condamnation certaine, en achetant ses juges *.
Aussi la loi Calpurnia n'eût-elle guère d'efïî-