CHAPITRE VI FIN DE L’EXCURSION
pris beaucoup plus rJe ne lecrois pas, et nous È pouvons deviner le Reste Mais que pensait
+ Non guide me - C'était ce qu il fallait aussi
| et la véracité des matrones, il avait fait ses
H me répondait alors :
— Ce qu'il faut croire ? C’est assez dif-
| savoir. Déjà questionné sur la sincérité
leur unanimité sur certains points, et leurs contradictions sur d’autres. Eh! bien, il ne faudrait, ni trop vous fier à l’une, ni trop vous méfier des autres. Elles ne disent pas toujours la vérité, mêmeen étantunanimes, 4 et la disent quelquefois, même en ne l’étant | pas. Toutes, en effet, et voilà ce qu'il faut bien commencer par comprendre, elles sont portées à tomber daïs les inventionsetles exagérations destinées à faire mousser leur commerce. Elles bonimentent toutes en faveur de leur maison. Elles amplifieront donc toutes forcément un peu de la même 1 façon, et non seulement avec vous, mais 1 avec tout le monde, et même avec la Police.
Tout en lui étant très soumises, et en sa- 4 chant fort bien qu'il ne faut pas trop lui en conter, elles essayent, même à elle, de lui 4 monter des bateaux. Malgré tout, cependant, et en ayant bien soin de faire la part
du faux, elles ne vous ontpas trop fortement
trompé, même là où elles ont paru se contredire. Elles se sont simplement trouvées, en ce cas,dans des circonstances différentes.
— Mais dans quelle mesure ont-elles menti, et dans quelle mesure ont-elles dit vrai ? Quelle est la vérité exacte sur les femmes mariées ?.., La sait-on ?... Quel est, là-dessus, l’avis de la Préfecture?
— Eh ! bien, la Préfecture en a deux, ou plutôt on en a deux dans ses bureaux...
D'après une opinion, qui a d’ailleurs peu de partisans, les femmes du monde et les
femmes mariées dans les maisons de rendezvous sont un pur conte bleu. On est bien obligé d'admettre qu'ilyen a, puisqu on posà sède leurs dossiers, et que ces dossiers sont sérieux : mais on les considère comme des exceptions sans portée, et les dossiers qu’on a, ou qu’on avait encore il y a quelque temps, ne peuvent pas, en effet, compter
comme nombre. Maintenant, d’après une
autre opinion, les femmes mariées et les femmes du monde qui vont dans les maisons 4 de rendez-vous ne sont pas du tout une fa- 1 ble, et ny représentent pas seulement des __ exceptions, mais un tant pour cent dans le 1 personnel de ces maisons. D — Etle tant pour cent? ee 4 — Cinq pour cent d'après les uns, et dix 4 | pour cent d’après les autres. | — Et d’après vous? 5.
— Plutôt cinq pour cent; ét c’est déjà à bien joli... Mais il est presque impossible d'arriver à une certitude, en dehors même
de ce qu’il y a de forcément embrouillé dans