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vous ont pas tout dit non plus sur les étran-
gers et les étrangères qui les envahissent.
Elles vous en ont bien touchéquelques mots,
mais avec modération, -çar elles ont à soutenir là une véritable invasion, etune inva- “sion qui manque souvent aussi de formes.
— Mais cette invasion- là n’a-t-elle pas toujours existé ?
— Jamais autant qu’à présent, et c’est
peut-être bien, commele disait l’une des pa-
tronnes, en raison même de la suppression
des maisons de rendez-vous à l'Etranger.
C’est, en effet, précisément depuis cette Me
qué que le nombre en a autant augmenté à Paris. Une certaine partie des hommes et
des femmes attirés par les maisons anglaises
ou allemandes peut fort bien s'être rabattue
es étla FM. . en nous parlant des Lords qu font. tout exprès le voyage pour venir chez elle, ne doit se vanter qu’à
moitié. Vous avez même encore là un
exemple de la façon dont elles exagèrent,
tout en disant la vérité. Ce ne sont proba-
blement pas toujours des Lords qui vien nent la voir, mais il est très possible que certains Anglais riches, privés maintenant de mai- sons à Londres, ne regardent pas à venir én.retrouvér:]jJusquaà Paris, et ce qurest absolument certain, c’est que l'étranger et l'étrangère pullulent à présent dans les maisons de Paris comme ils n'y ont jamais pullulé. On n’y voit plus que dés Belges, des Allemandes, des Autrichiennes, des Américaines, peu d'Anglaises, mais en revanche énormément d’Anglais. L'Anglais donneen masse, et il a effectivement le goût des petites filles. C'est même un peu lui qui semble nous lavoir communiqué, car il venait déjà s'approvisionner de mineures chez nous, et mêmeen prendre de force, pendantla guerre des Boers. On ne se doute pas de ce qu'ilest alors parti de Paris de filles dermnoins de vingt ans à destination du Transvaal, pour les be-
soins de l’armée anglaise. Partout où l’on
74 id ge de
recrute pour la prostitution, on n'entendait
plus parler alors que du Transvaal, et des
. agents anglais avaientorganisé de véritables
entreprises d'enlèvement. [ls promettaient,
à de petites ouvrières, des engagements de chanteuses ou de danseuses plus ou moins
lucratifs pour de soi-disant théâtres du Cap,
- les emmenaient, et, une fois rendues, Îles
mettaient simplement dans les maisons publiques montées à l'intention des Anglais. I]
y eut même à ce moment-là, à Paris, des
arrestations de traitants dans des hôtels garnis d’où ils allaient partir avec leurs troupeaux de prétendues artistes dont les
plus âgées avaient entre seize et dix-huit
ans, et on apprenait, au procès, qu'ils
touchaient deux mille francs par jeune fille
amenée là-bas. Il y avait un médecin affilié à l'association, et chargé de voir, avant le départ, si les chanteuses étaient saines. I
leur faisait croire qu'on examinait ainsi tous
les passagers, pour les soigner d'avance
contre les mauvaises fièvres, dans le cas où
ils en auraient eu le germe! Il faut donc
croire que cette passion de la mineure est
particulièrement dans le sang de l’Anglais,
etqu'ilesthbien toujours aussi partout, d'au-
tre part, le même homme à précautions... Il
y en a un, en ce moment, chez la FF... M...
qui ne manque jamais le coup suivant: 1l demande une personne, cause avec elle, est très aimable, la met bien en confiance, et lui propose ensuite de l’emmener faire une promenade en voiture. Elle accepte, 1ls
partent, 1l Jui demande la permission de
passer d’abord à une adresse qu'il lui dit
être la sienne, et lui offre de monter aussi,
mais la mène, en réalité, chez un médecin,
après lui avoir fait croire qu'il la conduisait
chez lui... Là, tableau...
— Mais qu'est-ce que fait la femme?
— Unescèneépouvantable.. Elle crie, elle
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