AU TEMPLE DE MYMTTA
temple de M3^1itta, c'était, à la vérité, l'aspect des étrangers qui circulaient du même côté des cordes que lui. Ils ne brillaient pas par la distinction ni l'élégance. Tous semblaient des aventuriers, nomades, colporteurs, traîne-savates de tous les ports marins et fluviaux. Ils venaient là évidemment parce qu'ils n'avaient, selon l'expression courante, rien de mieux à se mettre sous la dent. Leurs moyens financiers ne leur permettaient point de s'offrir des courtisanes de luxe. Vietrix fut vexé d'être mêlé à cette tourbe.
Tandis qu'il cherchait un moyen de s'évader sans que son abstention peu polie fût remarquée, il se sentit tirer par la manche. C'était l'un des jeunes gens en tunique blanche qui vaquaient aux soins et à la police du temple de la déesse, sous la direction des prêtres.
« Aurais-je commis quelque infraction aux rites ? » pensa Vietrix.
— Suis-moi, lui dit simplement l'éphèbe.
Vietrix obéit. Ils sortirent de la grande salle, et après avoir traversé plusieurs corridors parvinrent à l'appartement, assez joliment installé, du grand prêtre. Celui-ci était un homme d'âge mûr, aux
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traits un peu efféminés, le regard voilé, la lèvre sensuelle et parfois sarcastique.
— Je suis enchanté, dit-il à Vietrix, qu'un étranger de ta classe ait daigné rendre visite au temple dont j'ai la garde. Crois bien que la déesse sera enchantée du sacrifice que tu devais lui consacrer.
— Oh! oh! Mais tout le plaisir est pour moi, protesta poliment Vietrix.
Le prêtre hochait la tête.
— Les bonnes dames réunies dans la grande salle, à l'encan d'une clientèle assez peu ragoûtante, n'ont pas su te satisfaire, je le devine. Certaines sont là depuis des années, attendant vainement un preneur. Quel encombrement ! N'était le respect que nous devons aux lois qui obligent toutes les femmes mariées babyloniennes, toutes...
— Toutes? fit Vietrix.
— A venir ici une fois, il y a longtemps que j'aurais expulsé d'office ces vieilles chipies. Mais elles ne se laisseraient pas faire. Et je crois même que certaines sont revenues plusieurs fois par fraude. Qu'ai-je à attendre d'elles, moi? Rien. L'étranger qui les prend est le plus pauvre, car il n'oserait, malgré tout, offrir à une personne bien en chair le misérable billon qu'il possède ! J'ai vu récemment ici un de ces hommes venus du lointain pays d'Orient que l'on nomme Cathaï, un petit homme tout jaune avec des yeux bridés, jeter à une pauvre bonne femme toute ratatinée trois ou quatre