IV. — LÉONARD AUTIÉ
Léonard» le héros de la race» Léonard»
grâce à qui les Autié sont det>enus des Léonards, comme les Bonaparte sont devenus des Napoléons» dut naître dans le premier semestre de i/Si, si Ton s'en rapporte à son acte de décès du 24 mars t82o» qui lui accorde 70 ans ; sa sœur Marie-Anne, étant née le 19 juin 1750» Ton ne peut décemment le faire naître a\?ant le mois de mai 1751. Ses frères et sœurs furent baptisés à Pamiers» mais je n'ai pu jusqu'ici troui^er l'acte de baptême de Léonard.
L'histoire n'a rien retenu de son enfance»
et si Napoléon a fait ses premiers pas sur
un tapîs représentant les batailles d'Alexandre, nous pouvons supposer» sans qu'on puisse iîiire la preuve du contraire, que les premiers ébats de Léonard eurent lieu sur un tapis représentant Absalon pendu par sa chevelure et que ses images d'Épinal préférées représentaient Thistoire d.e Samson et de Dalila.
L'exode de la famille Autié avait été pré-
cédée de Tarrioée à Paris, du fameux, du seul Léonard ; pas celui de la Reine, ni celui de M"* Elisabeth, mais du Léonard qui a donné son nom à tout ce qui était coiffeur de génie. S'il faut croire les mémoires apocryphes qui ont été publiés sous son nom, en i838, par Lhéritier de l'Ain (i), Léonard serait arrivé à Paris, pendant Tété de 1769, précisément le jour où l'on observait le passage de Vénus sur le Soleil, ce qui semble bien naturel. En attendant que son nom de famille fut inscrit
(t) Ccst par erreur qv» àm» mes article* du corrcepondant du Ganioit et de l'Éclair, j'ai attribué tes mémoires de Lionard à Lamothe Lançon. D'après M. Lucien Dorbon, si expert en te matière, ite doivent itre attribués à Lhéritier de l'Ain.
à la craie sur les portes par le fourrier du Roi avant celui des Porte-manteaux, il écri-* \>it modestement Léonard Autié sur la porte mal jointe d*un pauvre cabinet garni, au n*" tS de la rue des Noyers, près la place Maubert; il payait un écu de 6 livres par mois. Léonard pouvait alors se contenter de ce simple asile; les grands hommes débutent toujours ainsi :
Napoléon habita l'Hôtel de Chartres, rue du Four Saint-Honoré, av^ant d'habiter les Tuileries (t). Il est bon de remarquer, à l'avantage des Léonards que si le grand homme de guerre avait une simple étoile, le grand artiste capillaire avait une planète et quelle planète 1
Le nou\?eau débarqué n'arrivait pas de Pamiers directement ; après des étapes plus ou moins longues à Marseille et à Toulouse, il apportait la dernière mode de Bordeaux.
Bien qu'en qualité de coiffeur, il fut deux
(t) M. Lenôtrc (Vieille* mabotu et vieux papier^ p. ijSj dit qu'en 1787, cet iiôtel ^ait tenu par Védrine. S'il faut t'en rapporter aux dictionnaires de La Tfnna, Vcdrine ne a'intalia qu'en tSoéb à rHôtel de Cherbourg.
fols du Midi, la chaleur de son élocution fut
insuffisante pour acclimater les coiffures des belles daines de la Cannebière» de la place du Capitoul et des Quinconces sur les têtes charmantes des nobles Faubourgs, ni même sur celles moins nobles, mais également charmantes du Palais-Royal, car il dût borner son ambition aux simples fonctions d'apprenti merlan che^ un coiffeur de quartier, le sieur Legros, une célébrité bruyante.
Ancien maître-queue du marquis de Belles mare, le sieur Legros, maître perruquier tenait une académie de coiffure pour les dames et demeurait près des Quinze-Vingt.
En qualité d'artiste, il auait trouvé « sept coiffures nouvelles dont une pour les dames qui montaient à che\)al en amazone m, comme académicien, il en informait ses contemporains et la postérité en faisant gémir les presses. En 1766, il avait publié « l'art de la coiffure des dames françaises avec des estampes a et en 1770, il ajoutait à son œuvre un second supplément qui contenait dix-huit
cotiVures itôtioelles, soit pour la ville» le bal et le théâtre (i).
C'est qu'on n'împroDÎsait pas plus alors le sacerdoce de maître perruquier que les fonctions de chef d'armée ou de pasteur de peu«* pies. N'était pas coiffeur qui n'a\?ait pas ftkit ses preuves devant le d'Ho^ier de la corporation, et, pour celà, il fallait, après quatre années d'apprentissage» payer un brevet de 40 livres pour être compagnon, payer encore 3oo livres pour être maître et enfin 3.000 pour acquérir une charge portant privilège. Avant d'être préconisé Maître» après s'être mis en règle avec le bureau de la corporation» rue Saint-Germain l'Auxerrois» on devait assister à la fête patronale, et le patron des perruquiers était un patron royal» Saint- Louis; et la paroisse était Saint-Germain l'Auxerrois, la paroisse du Louvre.
Mais comme Léonard avait du génie» il fit venir au galop ses frères remisés à l'écurie paternelle» et eut» comme Richelieu» l'idée
(t) Alnunach sou» v«rr« 176^, p. 8 ; 1769, p. tx et 177e p. 4.
admirable de fonder une Académie : l'Académie de coiffure destinée aux valets et femmes de chambre de grandes maisons et»
comme nous l'avons dit» il s'installa au coin de la Chaussée d'Anttn, non loin de M"' Guimard et des Montmorency, à rentrée du quartier élégant qui était en train de se créer sur les terrains des PP. Mathurins. De sa salle des séances, enclavée dans le dépôt des gardes françaises» les académiciens aussi bien que les t»ulgaires passants pouvaient voir, enseigne vivante, les soldats du Roi, à cheval sur des bancs, les uns derrière les autres, chacun d*eux tressant et attiffant la perruque de celui qui était devant lui. Les soirs d'été, en écoutant la musique qui jouait sous les arbres du Boulevard, on aurait pu voir ces émules de Mars tricoter des bas ou broder des gilets.
Lorsque sa situation fut bien assise et que ses frères et ses cousins furent bien installés dans ce qu'il y avait de mieux dans la corporation, Léonard songea à prendre femme.
Tout porte à croire qu'il se maria à Pans Mrs 1779 et bien que je ti*aîe pu trouDer ni son contrat ni son acte de mariage, je puis certifier que le t3 septembre 1781, lorsqu'on baptisa Marie Anne Elisabeth à Saint-Eustache» elle était bien la fille légitime de Léonard Alexis Autié. habitant boulc\?ard d'Antin, coiffeur ou mieux fournisseur de la Reine, et de Marie Louise Adélaïde Jacobie Malacrida (t), fille de Jacques Malacrida»
officier de bouche du comte d'Artois et de Louise Catherine Bernay. Le tout Pamiers de Paris assistait à la cérémonie ; le parrain fut le frère Pierre et la marraine la sœur l^arie Anne Frache.
Le 6 janvier 1786, naissance d'une seconde fille» Louise Françoise Alexandrine, baptisée le 8 à Saint-Eustache ; le parrain est son plus jeune frère, Jean-François, qualifié officier
(x) D'après Castit-BIa^e, rr l'Opéra en France u. Madame Autié était la seconde des trois soeurs Malacrida, surnommées les Trois GrftcM, «n 1780 ; VtinU CaroUne, devfnt la célèbre Cirlînc, 4e la Comédie Italienne, qui épousa Nioelou, le danseur de l'Opéra; la plus jeune deuint Madame Quincy. Mlle Duthé f Alexandrine Gérardj était leur cousine. Le véritable orthographe est Malacrida et non Malagrida.
de la maison de la Reine ; la marraine est la
grand mère de l'enfant Louise Catherine Malacrida.
Léonard abandonna en 1787, le métier qui aidait fait sa fortune, car le 25 féorier t/SS, il passe dcv>ant M*^ Choron un bail avec les S. S. de la Conception auxquelles il loue pour neuf années, à partir du i*** avril suivant, « une maison à porte cochère, appartenant au Monastère et près d'iceluy, ayant son entrée par ladite rue Saint-Honoré u (em-* placement du Sçô actuel). Il habitera donc par la suite porte à porte avec Duplay et par conséquent avec Robespierre, de 1791 au mois de juin 1792. (1)
f 1) llMt «tttte même rue demeura aUMÎ le conventionnel Barère mais non pas au 35z actuel, chcf ton «mi SavaUtc (ftt non SftMtcttcJ comme le dit M. Lenôtre.
Jusqu'en 1788, M. Savalète habita au Zig royal cle\>enu tSt4 tStS, numérotage sectionnaire et 35o et 352 numérotage actuel.
Au commencement de 1793. Barère habitait 88, rue de Richelieu ; è It fin rninie, il w transporta, ixo, rue Samt-Honortf. ffil s'agit da numérotage royal, le lao était dans la eoiir dee JacoWns; s'il s'agit, an contraire dn nninérotage aeetîoiinatre, le 3ao était dans la acetiftn des gardée françaîfea, es-cnratoire, an n* 67 actuel.
M. Lenètre confond également le père et le fHa* L'un,' Charlee-
C'était pour se liurer à des entreprises théâtrales que Léonard avait abandonné le fer, les papillotes et la poudre ; de concert ai^ec le DÎrtuose compositeur Viotti, îl obtînt le privilège du théfttre de Monsieur.
Le 19 juin 1788, il présente requête à rintendant des Beaux-Arts (Arch. Nat. o' i683 :
ce Le sieur Léonard Autié, ose solliciter
des bontés de Mgr le Comte d'Angi\>iUer, la permission d'outorir le Théâtre de Monsieur dans la salle des Tuileries, en attendant qu'il en ait fait bâtir une. Il a déjà obtenu l'agrément de Mgr le Baron de Breteuil et M. de Champcenet^; et s'est arrangé avec le sieur Legros, de manière que les concerts spirituels auront toujours lieu les jours accoutumés. Il ose attendre de Monseigneur la permission qu'il prend la liberté de lui demander, sans
Piérv» Sawlitc dt LangM, garde du Tr^r royal, né en 17 13, mourut à Parts, le 4 vciit<MC« mn V fis féwUr 1797^» «t non en 1798 . l'antre, adjoint en eurvivance de ton père, Charlcr*Pierre-PanÛ ni en 1746^ mourut le at frimaire an VI fit décembre 1797 j. ie n*ai pas tronvé trace de couain de ce nom. L'homme politM|ne, P.% A,-« à tous gradée, est le fila.
laquelle il ne pourrait pas ouvrir son théâtre, a L'autorisation lui fiit accordée par le Roi le 3 juillet 1788, après ai^îs favorable du Directeur dea Bâtiments. Mais» en septembre, Léonard demande déjà à apporter des changements aux termes de son autorisation.
Il \>cut modifier la salle» il se refuse à faire les arrangements réclamés pour la loge de la Reine, et fait si bien que ses prétentions sont repoussées. Néanmoins» en mai 1789» il demande, toujours de concert avec Viotti, l'exploitation du privilège de TOpéra ; nouveau refus.
En présence de ces difficultés, (d'après une note conservée aux Arch. Nat. o*63i) il installa son théâtre à la foire St-Germain, puis dans la salle de la rue Feydeau» construite par les soins de Viotti. N'ayant pas de capitaux suffisants» le pauvre Léonard avait eu la malencontreuse idée de s'associer, le 17 avril 1789 à la Montansier (i) ; de ce jour
fij D'apri* lâ lettre de Léonard du 3 d^mbre 1S17, publié par M. L.-llèiirf Lceomtc, c'est la veille de aon départ (J«in 179a) ^u'on vmt le chercher à minuit aux Tuileries, pour aignar l'acte d*alMiiidoii» amUUti du 3 jMivier t/^a. (Pitoe n« XVIj.
il était ruiné. Comme, de plus, il était devenu suspect, on était en juin 1792, lorsqu'on commença le procès du Roi, il crut prudent de se réfugier à Londres.
Si ses affaires n'av>aient pas marché, sa famille avait prospéré : il lui était t>enu une troisième fille, Fanny ; décidément les Léonard allaient tomber en quenouille ou céder le pas à la branche cadette lorsque, enfin, le ciel couronna leurs Doeux : le 27 novembre 1790, pendant que T Assemblée du Manège votait la Constitution Civile du Clergé, Léonard faisait baptiser à Saint-Roch, Auguste- Marie Léonard, né le même jour ; la marraine était sa fille aînée et le parrain, Marie-Bernard Chagot du Fays, (i) avocat, rue Taranne. Ce parrain n'était certes pas le premier venu :
après av>oir été directeur de Théâtres et membre du Conseil du Contentieux au ministère des Finances, Bernard Chagot fut, av>cc son frère Henri-Marie-François un des artisans du développement du Creusot.
ft) Le *i novembre tSty, il épousa Émille Contât et mourut 16 jours pliw tard ; kur fille Cilîne ipouse le comte Amelot de ChailloH.
Lors de la futte de Varennes, Léonard
Autic accompagna son frère Jean-François qui avait été chargé de transporter les dia»
mants du Roi, de la Reine et de M"* Élisabeth. Pour aider son frère à remplir sa mission, Léonard dût faire des dépenses considérables qui ne lui furent jamais remboursées. Donc»
loin d'ai>otr Y>o1é les diamants qui lui étaient confiés, Jean-François accompagné de son frère» les remit à qui de droit. La preuve est indiscutable : c'est le 3 décembre 1817 que Léonard rappela le fait à Louis XVIII de la façon la plus nette. Il est inadmissible qu'il se soit vanté devant le Roi d'avoir remis les diamants après les auoir \)olés ! (i).
Lorsque Léonard émigra» sa femme refusa de le suivre ; le 29 messidor an II, elle obtint son divorce» et tout porte à croire que» pendant le reste de sa vie qui fut longue» le souvenir de son époux ne la troubla guère.
(t) Cette requête a £H découverte par M. L.-Hcnry Lecomt*. Cette
pièce déterminante f pièce n» XVI), deorait clore la discussion. Elle dc'truit complètement la thèse de M. Lenôtre, et donne raison en inintç temps à ççlU de M> Vitrac »t à la rpi^nnc. (Pii^ n" IXj,
Si Léonard part pour Londres en 1791, il n*y reste que peu de temps ; il parcourt T Allé* magne sans trop savoir où se fixer, et en 1800 nous le trouvons à Mtttau où îl prête à la Reine, femme de Louis XVIII, 3.838 liu.
qui ne lui seront remboursées que le tiaoût 1817 (Arch. Nat. o'537). Puis il se rend à Moscou qui fut sa résidence jusqu'en 1814 ; sa fille Fanny s'y maria a\5ec un sieur Antony qui y habitait encore en t8ito.
Lors de Tincendie de Moscou, tous les pa-* piers de Léonard furent brûlés, c'est du moins ce qu'il prétendra sous la Restauration, lorsqu'il ne pourra justifier les réclamations variées qu'il fit au Rot, dès la rentrée des Bourbons. Le 12 juillet, Louis XVIIl lui accorda le remboursement d'une créance de francs (Arch. Nat. o*535). Il obtint également le brevet de palet de chambre d'honneur de Monsieur,
Dans une pétition sans date (Ff III Cart. 3) et classée dans un carton de 1823, il prétend qu'après la bataille d'Austerlit^, il secourut
i5o prisonniers français qui étaient dans la plus triste situation» et que « par l'exemple qu'il a donnée il a déterminé div)ers négociants de Moscou à leur venir en aide » pendant quatre mois de la saison la plus rigoureuse, il les a habillés» nourris et chauffés ; plus de 40.000 francs ont été dépensés pour secourir les malheureux prisonniers. En conséquence, il demande la croix de la Légion d'honneur. Comme tout devait être compliqué et hors saison dans la t>ie des trois frères Autîé, la demande suivit péniblement la voie administrative et te 3o juin 1823, Léonard Autié reçut l'étoile des braves ; il était mort depuis 27 mois, ou alors il mourut trots fois 1
La fin de sa vie fut attristée par le fatal procès qu'il ne pouvait manquer d'avoir avec la plus fameuse plaideuse du xviii' et du XIX* siècle : Marguerite Brunet, dite Montan-* sier, veuve Bourdon Noeuville. Rappelant son acte d'association avec Léonard, du 17 a\Dril 1789, pour l'exploitation du théâtre de Monsieur, le 3o novembre 1819 elle récla-*
mait à son ex-associc, en vertu d'une série de jugements échelonnés pendant la Révolu-tton et qu'elle avait infailliblement gagnés, son adversaire faisant défeut, une rente annuelle de 20.000 francs et le payement des arrérages en retard depuis 25 ans, soit Soo.ooo francs, plus les intérêts ! Je ne sais si cette menace effroyable abrégea son exis-tence, mais ce qui est certain, c'est qu'il mourut peu après, le 24 mars 1820, 2 bis, rue de Chartres, au S""* étage (i). Léonard, ainsi que nous l'avons dit, ne fut jamais maître des Cérémonies dans les Pompes funèbres, il occupa une situation d'inspecteur dans cette administration avec le titre d'ordonnateur général ; nommé par le Préfet de la Seine, il fut chargé de vérifier les opérations de la direction donnée à l'entreprise (2). Le Léonard empanaché, suivant ou précédant les corbil-
(1 j Léonard avait habite i6, rue Saint-Thomas du Louvn jiuqu'cn tSiç. Depuis 1819. il habitait, i, bis, rue de Chartres.
(ij L'entrepreneur contrôlé par Léonard s'appelait E.-J.-B. Labaltc. Ses bureaux et magasins étaient installés, 59, rue du Faubourg Saint- Martin] Lfttelte ««ait êuceidl k Tampicr, rue Culture Sainta^Cathcrina (n* 94 lactloniiairc, n* tl an i8a6J.
lards n*a donc existé que dans Tîmagination de Al. Lenôtre.
Léonard n'ayant pas laissé de testament, ses
héritiers naturels furent appelés à la succession ; il ne restait plus qu'Alexandrine et Fanny qui eurent à se partager les 716 francs dont se composait l'actif du défunt» L'in\>en<taire, fait le lô mai par M' Caigné, au domicile de Léonard Autié, qualifié ancien valet de chambre d'honneur de la Reine, nous décrit un appartement fort modeste composé d'une chambre à coucher, d'un cabinet de toilette, d'une salle à manger et d'une cuisine. Le mobilier est sans importance : on ne prise paa un petit tableau représentant M. Autié et sa fille, pas plus qu*un petit lot de minéraux. L'objet le plus important de la succession est « une aigrette en oiseau de paradis, présumé a\)oir servi à la Reine Marie-Antoinette » estimée 3 francs. Ce n'est vraisemblablement pas ce Léonard-là qui avait volé les diamants de la Couronne !
Si Pierre Menchin, son domestique, n(
dcmaïuic rien, la femme de chambre, FuMe Martin, réclame 3/5 francs pour tS mois de gages, et son propriétaire, tcdoetcur Leblanc» zâo pour 6 mois de loyer.
Comme les filles de Léonard étaient absentes» il est à craindre que ses funérailles aient été fort modestes ; son neveu dut suivre à peu près seul son corbillard jusqu'à sa dernière demeure, Sic transit.. M. Lcnôtre avait raison, Léonard était mort une première fois... en posant sa dernière coiffure.
Quant à sa femme, elle nous paraît avoir mené une existence plus somptueuse et plus gaie (i); elle mourût, rentière, âgée de 85 ans, $4, rue Laffitte, le 17 octobre iSSj; les té*moins de son décès sont deux personnages qui indiquent des relations riches et honorables : Jacques-Augustin Gandais, Manufacturier, Chevalier de la Légion d'honneur et François-MicheMsabeau Cantagrel, archi-
fi) Le 8 Octobre 1824, elle demandait une pension en qualité de oeuoe de Léonard Autié. Cette requête n'eût pas de suites, AV"* MftUcrida tftant dtvore^ «kpuis plut de 3o ans.
ektteete. En cherchant bien, on trouverait peut-*ètre quelques arabesques dans son existence de femme divorcée, quelques étatcivils avec la mention de : p^re absent. La femme de Léonard ne s'appelait^lle pas Marie-Louise comme celle de Napoléon ; ces choses-là ne ridiculisent pas les grands hommes, même en France.
Ainsi finit Léonard le Grand, premier du nom ; il ne mourut qu'une fois. Tel le roi de Rome, son fils mourut jeune : Léonard II ne régna pas ; il eût pour successeur son neveu Léonard III, dont M. Lenôtre a reproduit le portrait sous le nom de Léonard I*^ et qui paraît ainsi être mort quatre fois l (t)
(t) Mentionnons pour mémoire le document «uivant 4|tti lUNM • ité obligeamment communiqué par M. Grasilier :
tr Sous le Directoire un nommé Dejean, après avoir quitté le service avait été employé au ministère des relations extérieures (service politiquej, puis cnfermi à Bicttr»* ht tS fructidor, an V, il demanda à liiir» dca rclationa intércaaant U fouvcmsnwnt : antre aatrsa r^vtfUn tiona aana importanea, il ddelara « la nornm^ Ltonard* coiffMr 4a to ci-da«ant Raine, avait introduit en France, une quantité de fausses piieea d'or et d'argent fabriquées en Angleterre et qu'elles lui avaient m remises par ce gouvernement pour opérer la Contre-Rivolution « Arch. Nat. - 7187 B i.