YI.^ LES POLÉMIQUES; CONCLUSIONS
Voîcîi je crois» la légende détruite et avec
elle s'enoolcnt toutes les hypothèses édifiées sur sa réalités
Non, Jean-François n'eut pas à employer des moyens dont il n'aviait pas à se ranter^ en laissant guillotiner à sa place un de ces co^détenus et ti n'eût pas à recourir au pro* duit du \)ol des diamants de la Reine pour payer le geôlier.
Tout cela est du roman et le rôle de Jean- François à Varennes doit être réduit à la plus grande simplicité : il fut chargé par la Reine, qui at)ait la confiance la plus absolue en sa probité, de transporter ses bijoux en
lieu sûr. Sans faire tort à sa mémoire et sans faire des suppositions téméraires, nous pouvons admettre que cette mission provoqua che^ lut un sentiment de peur extrême; le malheureux qui, en fait de fer, n*avait manié que les fers à friser, dut trembler de tous ses membres, lorsqu'on le mit en posture de héros.
A t-il rempli la mission qui lui était confiée ?
Il est hors de doute qu'il ne consen>a pas son double dépôt. Nous en avons, en quelque sorte, les deux reçus en décharge, puisque Choiseul reconnaît avoir reçu les diamants de M"^ Élisabeth ; quand aux diamants de la Reine; il est certain qu'il les remit â Bouille. Il n'est plus comptable du dépôt (t).
Il serait intéressant de savoir ce que sont det^enus ces diamants. Je ne doute pas qu'on
(•} M. BmMt Daudet, avec m haute eompAence a expli(|u< dans «ne lettre adrets^ le i3 août 1906 à l'Éclair, 1c sort des diamanta confié aux frères Autié fpièce n° Xj. A l'objection de M. Germain Bapst publié dans V Intermédiaire du 10 octobre \ ()o5 fpièce XlIIj. M. Ernest Daudet répondit triomphalement le 3o octobre suivant ("pièce XlVj. Voir auMÏ le témoignage positif de M*"* Campan Cpièce no XV).
puisse trou\3er les pièces de Tenquète qui dut fttre faite à Stenay, après l'assassinat de Tofficier auquel BoulUé les avait confiées.
D'autre part, on ne pourrait comprendre pourquoi Jean-François aurait restitué le dépôt pour s'en emparer ensuite au prix d'un assassinat. Pour écarter les accusations] C'eût été vraiment bien naïf. Comme ta personna-* nalité de Bouillé est à l'abri de tout soupçon, il est probable que le crime est un simple crime de droit commun.
Dans tous les cas, Jean«-François ne fut jamais soupçonné. A son retour de Stenay, nous l'aDons dit, il reprit ses. fonctions auprès de la Reine et sur l'état nominatif de «792, nous le wyons porté pour 366 livres i3 sols 4 deniers à raison du décompte pour 7 mois et to jours, d'un traitement annuel de 600 livres, ce qui correspond exactement au to août.
Aux amateurs incorrigibles de merveilleux quand même, je signalerai des coïncidences
bigarres que Ton doit rcneontrer forcément en eherehant avec patience des combinaisons ingénieuses.
Ainsi, le 22 noi>embre 1774, on enterrait à l'église de Saint-Louis de Versailles, Marie* Anne-Gene\>ièi>e Léonard, née en 1752, colf* feuse, femme de Antoine Palés. Or, elle était fille de... (je n'inioente rien), elle était fille de Jean-François Léonard. Aucun rapport, bien entendu, ai>ec les Autié, sans celà la fille serait née 6 ans auant son pére 2 et pour compliquer les choses, le 24 août i855, mou«* rait à Paris un Jean-François Autié.
Enfin, par une erreur de transcription dans les actes de reconstitution de Tétat-civil de la Seine, je trouioe qu'il y a bien eu un Indit>tdu qui est mort légalement deux fois : la première, le 14 féi^rier 1820 et la seconde trois ans plus tard ; et comment s'appelait le défunt 1
Mathieu Autié ; il était né à Monségur (Ariège), mais il n'était pas coiffeur, il était sellier.
Je m'arrête, car en cherchant» on en pour-ratt trouver d'autres et j'estîme qu'il ne faut pas encombrer l'histoire de suroioances con«traites au bon sens, anodines quand il s'agit d'un malheureux coiffeur, mais plus grattes lorsqu'il s'agit d'un fils de soui>erain, mort lui aussi, le paui^re enfant et mort d'un mal que Ton a pas voulu voir et que l'on devrait ignorer.