‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 108 sur 511 · GERMES DE RIVALITÉ FUTURE · texte numérisé non relu

GERMES DE RIVALITÉ FUTURE

de France, possédant l'oreille du roi et de la reine. Que pouvait devenir, en face d'un tel président, le prestige d'un fils de robin, fraîchement anobli, sortant à peine de la pénombre du Conseil d'Etat ? Quelle chance aurait-il d'être écouté en haut lieu, un jour de conflit, quand son puissant rival défendrait les prétentions de l'assemblée dont il était le chef ?

Ne devait-il pas surtout regarder comme la plus redoutable de toutes les menaces, cette installation, à ses côtés, au chef-lieu de son intendance, sous le nom de Commission intermédiaire provinciale, d'un bureau permanent choisi par l'Assemblée, chargé de le surveiller et investi, concuremment avec lui, d'une part de pouvoir exécutif ? En un mot, au moment où le gouvernement l'invitait à collaborer, avec l'administration nouvelle, au bien général du pays, Cordier de Launay n'était-il pas autorisé à considérer l'édit de 1787 comme un acte de dépossession, de dessaisissement à son endroit, et l'Assemblée provinciale comme une institution créée en vue de sa déchéance ? Et n'y avait-il pas à craindre que, loin «d'entrer dans l'esprit de la législation qui le dépossédait et d'en faciliter la pratique » (*), il n'usât du reste de pouvoir qui lui était laissé, pour provoquer et prolonger un antagonisme préjudiciable aux intérêts du pays, ou que, lassé d'une rivalité qui portait atteinte à son amour-propre et humiliait sa fonction autrefois toute puissante, il ne se désintéressât complètement de l'administration, et ne laissât tomber les rênes de l'autorité à l'instant même où il aurait fallu les tenir avec plus de vigueur que jamais ?

(1) Tocquevillc, L'Ancien Régime el la Révolulion, p. 300.

l'élection, cadre administratif 41

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