FORMATION DES ARRONDISSEMENTS
tenant aux chiffres du ministère, les députés eurent toute liberté pour la répartition des paroisses et la fixation des chefs-lieux.
Dans plusieurs élections, nous trouvons des traces de ce travail de répartition géographique. A Caen, un comité de quatre membres est chargé, le 2 octobre, de préparer un rapport sur la délimitation des arrondissements (dont les chefs-lieux sont déjà indiqués), et la distribution des paroisses entre eux C1) ; à Coûta nces, deux commissaires se voient confier la même tâche (2) ; à Valognes, l'assemblée préliminaire opère la division après une étude raisonnée faite sur la carte de l'élection (3).
Le nombre des paroisses de chaque arrondissement varia forcément selon l'étendue et l'importance des élections. Dans certaines de celles-ci, où les paroisses étaient peu nombreuses, celles de Carentan (94 paroisses), Mortain (94 paroisses), Avranches (97 paroisses),, il y eut des arrondissements de 20, 16 et même 12 paroisses, comme ceux de Saint- James et du Teilleul. La moyenne fut de 21 pour l'élection de Saint-Lô, de 25 pour celle de Vire, de 27 pour celle de Coutances, de 35 pour celle de Valognes. Dans les élections de Caen et de Bayeux, par suite de la création d'arrondissements spéciaux pour les centres urbains, les chiffres furent plus élevés encore : les quatre arrondissements ruraux de Bayeux comptèrent 41 et 44 paroisses ; des cinq arrondissements ruraux de Caen, deux atteignirent le chiffre de 50.
Diverses influences décidèrent du choix des chefs-lieux d'arrondissement. Il est à peu près certain que partout ceux-ci furent désignés avant que la circonscription elle-même fut nettement délimitée : leur fixation dut précéder la répartition des paroisses. Mettons hors de cause les neuf chefs-lieux d'élection, ceux des deux subdélégations de Cherbourg et de Granville, dont le choix ne fut pas un seul instant contesté. Pour les trente-cinq autres, ce furent des considérations d'ordre local qui l'emportèrent. Dans l'assemblée de Bayeux, on adopta « les cinq lieux les plus considérables de l'élection » (4). La Basse-Normandie renfermait alors un assez grand nombre de bourgs qui se distinguaient des
(1) Arch. dé])., Calvados, C 7663.
(2) Jbid., C7698.
(4) Ibid., C 7654. A Avranches, entre plusieurs projets, « on s'arrête à celui qui tient la balance à peu près égale dans chaque arrondissement pour l'étendue du territoire, des paroisses, le nombre des votants et la quotité des impositions jointes à la proximité des chefs-lieux ». Jbid., C 7643.