‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 114 sur 511 · LES CHEFS-LIEUX D'ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

LES CHEFS-LIEUX D'ARRONDISSEMENT

autres agglomérations rurales par la supériorité numérique de leur population et par une importance de date plus ou moins ancienne, due à des causes d'ordre historique ou économique. C'étaient déjà de petites villes et quelques-unes avaient même une apparence d'organisation municipale, comme Condé-sur- Noireau, Tinchebrai, Torigni, Gavray, Périers, Saint-Sauveurle-Vicomte (*). La plupart d'entre elles possédaient de temps immémorial des foires et des marchés, des boucheries, des halles publiques qui alimentaient les populations à plusieurs lieues à la ronde ; c'étaient des centres tout indiqués pour une réunion électorale assez nombreuse, et la question du ravitaillement des députés se trouvait tranchée par leur choix (2). Un très grand nombre de ces bourgades étaient déjà chefs-lieux judiciaires ou administratifs : le bailliage royal, la vicomte, l'amirauté, la justice des traites et quart-bouillon, les hautes justices seigneuriales y avaient leur siège ; on y trouvait notaire et médecin ; un contrôleur des actes y résidait (3). Dans tous ces endroits se trouvait forcément un auditoire, c'est-à-dire une salle assez vaste pour la tenue de l'assemblée électorale, Ce fut la raison, très nettement formulée, du choix des chefs-lieux dans l'élection de Saint-Lô et il est permis de croire qu'elle a été partout décisive ,4 . Ajoutons que ces localités renfermaient presque toujours une brigade ou sous-brigade de maréchaussée, et que celle-ci pouvait être utilisée pour le maintien de l'ordre (5). On dut tenir compte aussi de la facilité d'accès, et certains bourgs importants ont pu être délaissés parce que leurs communications avec le voisinage étaient inachevées (g). Enfin, il n'est pas impossible que dans certains cas des influences personnelles n'aient été déterminantes : tel membre considérable de l'assemblée d'élection a pu

(1) Arch. dép., Calvados, C 105.

(2) Exemples : à Tittchebrai, Ibid., C 3425,3438; à Vassy, C 3522; à Saint-Hilaire-du- Harcouët, C 3580 ; à Aunay, C 3674 ; à Evrecy, C 3674 ; à Balleroy, C 3690 ; à la Hayedu-Puits, C 3730 ; à Périers, C 3737 ; à Saint-James, C 3902 ; à Cerisy -l'Abbaye et au Teilleul, C 2121, etc.

(3) Bailliage à Torigni, Tinchebrai, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Périers; vicomte à Pontorson, à Gavray, à Saint-James et h Barfleur ; hautes justices à Balleroy, Trévières, la Haye-du-Puits, Villedieu, Tessy, Canisy, Cerisy, Bricquebec, Condésur-Noireau, Vassy, ele. ; Ibkl., C 6079 ; traites et quart-bouillon à Granville, Barfleur, Vassy, C 2129, 3522, etc.

(4) Arch. dép., Manche, C 628.

(5) Bid., Calvados, C 2123, 2121, 2129, 2151, 2155, 2164, etc.

(6) Ducey, qui était un gros bourg, a dû être écarté comme inaccessible ; Cérences, bien qu'assez important et chef-lieu de bailliage, se vit préférer Gavray. lbid., C 3759,

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