‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 120 sur 511 · LES ASSEMBLÉES D'ÉLECTION ET LIXTENDANT · texte numérisé non relu

LES ASSEMBLÉES D'ÉLECTION ET LIXTENDANT

Le succès des Assemblées provinciales dans l'opinion publique devait, en effet, dépendre beaucoup des commencements et il eût été fort peu habile, de la part d'une administration qui s'érigeait en réformatrice des abus, de se présenter aux masses comme un fardeau de plus et une source de dépenses nouvelles. Le moment était d'autant moins opportun qu'elle ne pouvait compter sur le concours enthousiaste de l'intendant, à l'ombrageuse autorité duquel elle venait de porter atteinte.

Cordier de Launay, en effet, avait cru, pendant le court intervalle qui sépara les deux sessions des assemblées d'élection, devoir se plaindre au contrôleur général de leur attitude hautaine et de leur incorrection à son égard. C'est par la gazette de Caen, « les Affiches de liasse-Normandie », qu'il avait connu les noms des députés élus par les assemblées préliminaires : d'où son indignation, qui éclata dans une lettre du 12 octobre 1787. « Les assem- « blées d'élection, écrit-il, se sont complétées, après fixation par « le duc de Coigny du jour de la première séance. La première chose « d'obligation et de décence eût été qu'elles chargeassent leur « président de me faire parvenir une copie en forme de leur procèsce verbal, seul moyen légal et convenable de me faire connaître leur « existence, seule voie pour faire arriver au roi l'annonce de l'exé- « cution de ses ordres. Pas une ne s'est mise en règle à cet égard: « comment pourrai-je les connaître, correspondre avec elles, accu- « ser au roi leur formation ? Vous pénétrez sûrement le motif et « l'esprit qui ont dicté cette prétention affectée et unanime.)) fl)

Blessé de ce manque d'égards, Cordier de Launay se drapa dans sa dignité de représentant du roi, et refusa d'entrer en rapports avec les assemblées d'élection avant qu'elles lui eussent envoyé une copie en forme du procès-verbal de leur piemière séance.

La susceptibilité de l'intendant, pour excessive qu'elle paraisse, n'était point sans fondement. Plusieurs membres, et des plus importants de l'Assemblée provinciale, faisaient aussi partie des premières assemblées d'élection : te's les évoques de Bayeux et d'Avranches, le comte de Vassy, de Montfarville. Cordier

li Lettre de Cordier de Launay à Necker, 12 octobre 1787. Arch. dép., Calvados, C 3643. A la même dale, l'intendant écrit au subdélégué de Caen, le Paulmier, que L'assemblée d'élection de ce département n'a pas encore fait connaître sa formation el sou existence, et qu'il n'est pas à portée de lui transmettre les ordres qu'il a reçus du Conseil sur ce qui peut être relatif aux objets dont elle doit s'occuper: il doit attendre que la composition lui en soit connue légalement et convenablement. [bid., C6880.

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