DANGERS DE CETTE MÉSINTELLIGENCE
Très ombrageux sur le chapitre du protocole, Cordier de Launay n'hésitait pas à donner, en guise de conclusion, une leçon au ministre, et il revendiquait avec fermeté le maintien des prérogatives attachées à sa fonction.
« L'autorité du roi, disait-il, est un dépôt qu'il m'a fait l'honneur de m'offrir : je n'aurai jamais à rougir de l'avoir violé... J'en serai l'incorruptible gardien. »
Les instructions royales du 3 novembre 1787 donnèrent satisfaction partielle à l'intendant. Elles invitèrent la Commission intermédiaire provinciale à lui remettre un exemplaire des procèsverbaux des séances tenues par les assemblées d'élection. Il n'en était pas moins regrettable que les relations eussent été tendues dès l'origine entre celles-ci et l'intendance et que deux organes administratifs créés en vue d'une action commune eussent commencé par s'ignorer réciproquement, tout en vivant côte à côte. N'y avait-il pas à tirer de ce début de fâcheux présages pour l'avenir et à craindre qu'on ne pût trouver en eux le concert indispensable à la gestion sage et prospère des affaires publiques?