RAPPORTS DES BUREAUX A L'ASSEMBLÉE
pays « des aperçus hasardés et des vérifications arbitraires » dont il avait été autrefois victime ; mais, alléguant que la généralité de Caen, imposée à la trentième partie des dépenses du royaume, était loin d'avoir le trentième de ses ressources, elle demanda une forte modération de cet abonnement^1. Les arguments qu'elle avait invoqués et que l'intendant de Launay dut réfuter eurent peu de poids auprès du contrôleur général, qui répondit avec fermeté : « Le Conseil a remarqué dans la délibération de l'Assem- « blée provinciale de la généralité de Caen quelque teinte des « déclamations qu'ont pu hasarder jusqu'à présent des proprié- « taires sans intérêt commun et isolés les uns des autres, contre les « vérifications générales et les employés ». Toutes les opérations relatives aux vingtièmes, ajoutait-il, ont été légales et régulières, et toutes les crues justifiées. Le Roi possède sous les yeux le tableau exact des ressources du pays et il a conscience de ne demander à la Basse-Normandie rien qui ne soit au-dessus de ses forces (il A contre-cœur, l'Assemblée dut s'incliner, et dans un nouvel arrêté, pris le 26 novembre 1787, s'en remit, pour le montant de l'abonnement, à la sagesse du roi, en offrant d'elle-même 2.200.000 livres (3). Elle ne proposait guère que la moitié de ce qu'on lui demandait ; mais elle avait cédé sur le principe, et se déclarait prête à accepter le chiffre imposé par le pouvoir central. Sa résistance première, née du désir de sauvegarder sa popularité déjà chancelante, n'avait pas eu une bien longue durée.
Pendant qu'un comité spécial, formé de huit membres tirés des quatre bureaux, étudiait la question des vingtièmes, ceux-ci n'avaient pas interrompu leur tâche et dès le 21 novembre, ils commençaient à lire, aux séances plénières de l'Assemblée, leurs différents rapports, qui s'échelonnèrent de cette date jusqu'au 6 décembre. Le bureau des travaux publics en fit trois : un, le 21 novembre, sur l'état des adjudications passées en 1787, dont il demanda la résiliation (4) ; les deux autres, le 1er décembre, sur le paiement des indemnités dues aux propriétaires expropriés pour la construction des routes (5), et sur la régie des ateliers de
(1) Procès-verbal de Basse-Normandie, p. 149-151.
(2) Ibid.. p. 203 sqq.
(3) Moins la contribution du clergé : c'était une somme inférieure de 320,000 livres à celle que demandait le roi. L'augmentation des vingtièmes n'était dans ce cas que de 350,000 livres au lieu de 67u,00<t livres.
(4) Procès-verbal de Basse-Normandie, p. 154 à 162. (5; Ibid., p. 213-219.