‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 135 sur 511 · LINDUSTRIE ET LE COMMERCE · texte numérisé non relu

LINDUSTRIE ET LE COMMERCE

situation de la manufacture de draps do Vire, alors en complète décadence U)» Longuet, négociant de Gaen et membre de l' Assemblée d'élection de Gaen, fit présenter à l'Assemblée provinciale un projet sur la fabrication des toiles façon de Suisse, garats, guinées, taffetas, etc., et sur l'établissement d'une chapellerie économique ; il proposa l'introduction du machinisme en Normandie pour lutter avantageusement contre la concurrence anglaise ('l>. Gaugain l'aîné, riche entrepreneur de routes, proposa de substituer la tourbe, comme nouveau combustible, au bois de chauffage, dont la Basse-Normandie s'appauvrissait de plus en plus, ou au charbon de terre, assez difficile à trouver et d'importation fort coûteuse i:{). Le commerce de la Basse-Normandie vivait surtout de l'exportation des produits agricoles et des ressources fournies par le voisinage de la mer. Faucon, négociant d'Isigny, se plaignit de la faveur qu'on accordait aux beurres de Grournay sur le marché de Paris, au détriment des beurres frais de sa région qui étaient cependant de meilleure qualité (4 ; il demanda l'extension du nombre des jours de fabrication du sel dans les

(1) Arc h- <l<''p,, Calvados, C 7715. Ce long mémoire, où est retracée l'histoire Me la fabrication des draps de Vire, attribue la décadence de cette industrie à la perte dès colonie françaises d'Amérique, au triomphe du libre échange, à l'excessive liberté de l'ancienne fabrication, suivie de l'imprudente réglementation de 1781, qui aurait nécessité un outillage neuf. — L'inspecteur des manufactures, Le Page, signalait en 1785, comme cause essentielle de cette décadence, la mauvaise qualité des marchandises livrées par les fabricants de Vire et le mécontentement d'une clientèle qui s était tournée ailleurs. Areh. nat., F 12. 13691.

(2) Arch. dép., Calvados. C 7618. Longuet était le fils d'un des premiers fabricants de blondes de Caen. Il avait été juge consul à Caen et administrateur de l'hôpital des Enfants trouvés. En 1778, il rédigea un mémoire sur l'extinction de la mendicité ; il tenta successivement et sans résultat d'établir une fabrique de couvertures anglaises, de bonneterie, une rubannerie, une blanchisserie de fil, des fabriques de mousseline. 11 avait établi à Biéville une chapellerie qui était encore en activité au début de la Révolution. Ibid., C 2829, 2791.

(3) Ibid., C 7618. Ces frères Gaugain avaient déjà fait une requête semblable en 1785 à l'intendant Feydeau de Brou, qui l'avait rejetée, ne voulant pas créer de prétexte à l'invasion des propriétés. Ibid., C 3020. — La disette de bois de chauffage était due aux défrichements et à la dévastation des forêts normandes par les industries de la région (salines du pays de quart- bouillon, verreries de Cherbourg, forges de Danvou et de Halouze, fonderies de Villedieu, etc..) Le Parlement de Rouen avait rendu en mars 1784 un arrêt très sévère contre les fabricants qui usaient de ce combustible. Ibid., C -2791.

Sur le-, recherches du charbon de terre qui furent opérées dans la généralité de Caen au cours du WML siècle et notamment à Littry, voir Arch. dép., Calvados, C 3019 à 3028, et Mémorial de Philippe Lamare (publié par G. Vanel), p. 135, 152, 184. I \n h dép. Calvados, C 7168. D'ordinaire, lsigny fournissait le beurre à Paris pendant l'hiver et Gournav pendant lété, vu sa proximité et les moindres dangers d'altération. Le Parlement de Rouen venait d'homologuer une ordonnance de police qui favorisait la vente du beurre de Gournay, même pendant l'hiver.

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