HYGIÈNE, ASSISTANCE, ÉDUCATION
pays dé quart-bouillon, pour qu'on pût faire de meilleur sel et conserver plus facilement le beurre salé exporté d'Isigny dans les îles d'Amérique (*). Hugon, armateur de Granville, exposa les doléances des 3,000 pêcheurs de sa cité, que le commerce des huîtres faisait vivre et que la concurrence privilégiée de Fécamp allait ruiner (2).
L'Assemblée provinciale entendit aussi la lecture de deux mémoires, dûs à la généreuse inspiration du comte de Vassy : l'un d'eux projetait l'établissement, au chef-lieu de chaque élection, de cours publics destinés à former des sages-femmes et à enrayer la mortalité infantile qui dépeuplait la contrée^ ; l'autre, décrivant les conditions d'installation malsaines des chaumières de paysans, surtout dans le Bocage, préconisait la construction de maisons rustiques salubres pour prévenir les épidémies très fréquentes et meurtrières (4).
Sur toutes ces questions le bureau du Bien public émit des avis favorables. L'Assemblée provinciale était trop intéressée au progrès économique et social de la région pour les regarder d'un œil indifférent. Tout ce qu'elle put faire, vu la brève durée de sa session et l'insuffisance de ses ressources, ce fut d'encourager de ses vœux platoniques les projets qui lui étaient soumis et de prescrire à sa Commission intermédiaire l'étude ultérieure des mémoires les plus sérieux.
Elle eut encore à s'occuper de l'attribution des bourses fondées en 1370 au collège des écoliers de Notre-Dame de Bayeux, à Paris, par maître Gervais Chrétien, originaire du Bessin et médecin de Charles V, à l'usage des « pauvres étudiants » de Basse-
(1) Arch. dép., Calvados. G 7616. D'après une déclaration' royale de 17(38, les sauniers du pays de quart-bouillon ne pouvaient bouillir plus de quatre-vingts jours par an, en deux semestres ; la ferme générale avait constamment poursuivi la réduction de ce délai. Voir à ce sujet les mémoires de deux subdélégués d'Avran ches, Meslé en 1784, Ibid.. C 5998, et Montitier en 1787, Ibid., C 1056.
(2) Ibid., C 7618. Un arrêt du Conseil du 20 juillet 1787 et une décision du 27 octobre 17X7 avaient accordé au port de Fécamp un privilège exclusif pour l'approvisionnement de Paris.
(3) Ibid., C 7618. Ces cours d'accouchement existaient déjà dans quelques villes, grâce à la vigilance des anciens intendants. Dès 1775, Fontelte avait appelé à Caen Mrae Ducoudray, célèbre sage-femme de Paris, qui réunit dès la première année 81 auditrices. Ibid., C 981 ; elle forma des praticiens parmi les médecins qui, à leur tour, ouvrirent des cours aux chefs-lieux d'élection : tels Richard à Carentan, Quériaultà Coutances, Diguet à Saint-Lô, Noël du Marais à Valognes, de Gournay à Vire. Esmangart et Feydeau de Brou avaient poursuivi l'œuvre de Fontette en rétribuant ces cours par de modiques gratifications annuelles. Ibid., C 986 à 990, 6383, 7748.
(4) Ibid., C 7618.