RETAHDS DANS FA FORMATION DES MUNICIPALITÉS RURALES
et ses débiteurs, et fit passer la liste des élus « per domos » où on signa sans oser contredire » ,l). A Coudevilie, ce fut une femme qui dirigea les élections : Jacqueline-Perrette Le Chevalier. Elle se présenta hardiment à l'assemblée des paysans qui se tenait dans le cimetière, et à force d'insistance, les emmena chez elle où elle 'désigna elle-même les députés municipaux (*), Il arriva, mais le cas a dû être exceptionnel, que l'assemblée paroissiale refusa de se réunir, comme à Brectouville W.
Pour toutes ces raisons, l'organisation définitive des municipalités rurales subit un certain retard, préjudiciable à la bonne marche de l'administration provinciale. Les assemblées d'élection, à qui le contrôleur général avait confié le soin de dresser l'état de ces municipalités pendant leur session d'octobre, n'eurent à leur disposition qu'un nombre par trop insuffisant de procès-verbaux d'assemblées paroissiales et déléguèrent leur tâche aux bureaux intermédiaires. L'hostilité des syndics paroissiaux et des subdélégués, qui, forts de l'appui de l'intendant, gardèrent assez longtemps les expéditions de ces procès-verbaux, vint encore reculer l'époque du dépouillement (4). A la fin de janvier 1788, le contrôleur général se plaignait à la Commission intermédiaire provinciale de la lenteur de cette opération. « Il « est indispensable, écrivait-il, de fixer sur cet objet essentiel « toute l'attention des bureaux intermédiaires en leur envoyant « copie de ma lettre. Il faut employer tous les moyens : lettres « aux seigneurs, aux curés, aux particuliers faisant encore les
(l; Arcli. dép.. Calvados. C 7781. Réclamation de Vincent, sieur du Longpré, paroissien de Saint-Pierre-Lauger (décembre 1787).
(2) Ibid., C 7701.
(3) Ibid., C 6344. A Saint-Pierre-Oursin, où deux ou trois petits fermiers exploitaient • les parcelles conquises sur le marais des Terriers, on ne put former rassemblée municipale. Ibid., C 7683. Lettre du curé de Saint-Pierre-Oursin au procureur-syndic du déparlement de Caen, 21 février 1788. H en fut de même à Alliis. prés Caen, où il n'y avait qu'une maison, occupée par un fermier des Ursulines de Caen. Ibid., C 7670.
,4) Ibid., C 6341. L'intendant avail reçu, le 11 août 1787, l'ordre d'envoyer dans chaque paroisse trois exemplaires du modèle de procès-verbal à dresser, l'un, dcvanl servir d'original, pour le greffe de la subdélégation, et les deux autres, d'expéditions, pour l'ancien et le nouveau syndic. Les assemblées d'élection n'ayant pas les moyens de dresser l'état des municipalités, firent demander par la Commission intermédiaire l'exemplaire resté aux mains des anciens syndics et qui leur était inutile. L'intendant refusa, « ne se croyant pas suffisamment autorisé pour priver lout-àcoup tous les syndics de sa généralité d'un titre qu'ils tenaient privativement des mains de 1 administration ». 11 dut céder toutefois, le 15 novembre 1787. sur les injonctions du contrôleur général. Sa résistance avait reculé d'un mois le dépouillement des procès-verbaux d'assemblées paroissiales.