‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 165 sur 511 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LA COMMISSION INTERMEDIAIRE PROVINCIALE DE CAEN ET LES BUREAUX INTERMEDIAIRES DE DÉPARTEMENT

Composition définitive de la Commission intermédiaire provinciale. Ses bureaux. Les procureurs - syndics provinciaux. Composition des bureaux intermédiaires de déparlement. Influence des hommes de loi. — Puissance apparente de la Commission intermédiaire provinciale : son impuissance réelle. Les deux phases de son existence. Ses rapports avec l'administration centrale, les administrations provinciales, les bureaux intermédiaires de départements, le service des ponts et chaussées, l'intendant. — Activité parallèle des bureaux intermédiaires. Leurs rapports avec les assemblées municipales, les tribunaux d'élections, les agents des travaux publics, les subdélégués de l'intendant. Difficultés et conflits préjudiciables au maintien de l'autorité administrative.

L'édit de juin 1787 avait partagé l'administration de la généralité de Caen entre l'intendant et l'Assemblée provinciale. Celle-ci devait être représentée dans l'intervalle de ses sessions annuelles par sa délégation permanente, la Commission intermédiaire provinciale. De même , à chacun des neuf chefs-lieux d'élection, entre chaque tenue d'assemblées, fonctionna en face du subdélégué un collège d'administrateurs, qui s'intitula commission ou bureau intermédiaire d'élection, puis de département.

La Commission intermédiaire provinciale de Caen, constituée en août 1787, comprenait cinq membres à l'origine : à savoir, son président, un membre du clergé, un de la noblesse, deux du Tiers état. Le duc de Coigny, président, séjourna la plupart du temps à Versailles, où le retinrent sa charge, puis, après les élections de 1789, son mandat de député aux Etats généraux. Les autres membres étaient, au début, Talaru de Chalmazel, évêque de Coutances, le comte Louis de Vassy, Daigremont et Hervieu de Pont-Louis, lieutenants particuliers aux bailliages de Caen et de

SA FORMATION COMPLEMENTAIRE 115

Carentan (ll Avant sa séparation, l'Assemblée provinciale, trouvant ce nombre insuffisant en raison de la lourdeur de la tâche, avait demandé au roi l'adjonction de quatre nouveaux membres, et dans l'espérance d'une réponse favorable, les avait provisoirement désignés : l'abbé de Cussy, archidiacre du Cotentin, dans l'ordre du clergé ; le marquis de Hautefeuille, maréchal de camp, inspecteur des troupes de la division de Normandie, dans celui de la noblesse ; Larcher de la Londe, maire de Bayeux, et Flaust, lieutenant général du bailliage de Vire, dans celui du Tiers état l2K L'acceptation du roi fut adressée vers la fin de février 1788 à la Commission intermédiaire (3>. Celle-ci se réunit le 2 mars pour remplacer l'abbé de Cussy, déjà président de l'assemblée d'élection de Coutances ; après le refus de l'abbé Bruzeau, prieur de Tailleville, d'abord élu (4), le choix tomba sur dom Mesnilgrand, prieur de l'abbaye Saint-Etienne de Caen &h

Les membres de la Commission intermédiaire ne durent se trouver que très rarement au complet. Le duc de Coigny semble n'avoir jamais assisté à ses séances ; il ne se désintéressa pourtant pas des affaires de la province et on le voit souvent intervenir auprès du contrôleur général et des autres ministres sur la prière de ses collègues normands, avec qui il resta en continuelle correspondance (6). La présidence réelle de la Commission semble avoir appartenu successivement au comte Louis de Vassy (7), puis à l'évêque de Coutances (8). Les élections aux Etats généraux les enlevèrent tous deux à l'Administration provinciale, ainsi que Flaust. La collaboration du maire de Bayeux, Larcher de la Londe, ne fut certainement pas assidue, car son nom ne figure jamais dans les actes de la Commission $h II est très probable que pendant les années 1789 et 1790 les seuls membres assemblés régulièrement furent Mesnilgrand, Daigremont et Hervieu de Pont-Louis (10^.

(1; Voir ci-dessus, chap. II, p. 37.

(2) Ibid., chap. IV, p. 81.

(3) Arch. dép., Calvados, C 7622. Registre de correspondance de la Commission intermédiaire provinciale de Caen. Lettre du 24 février 1788.

(4) Ibid. Lettre du 5 mars 1788.

(5) Ibid., C 7627.

(6) Traces continuelles de cette correspondance dans les deux registres de correspondance de la Commission intermédiaire qui ont été conservés. Ibid., C 7622, 7623.

(7) Ibid., C 7622. Lettre du 9 avril 1788.

(8) Ibid., C 7623. Lettre du 3 juin 1788.

(9) Ibid., C 7622. On fait allusion à sa présence le 5 mars 1788, lors de l'élection de l'abbé Bruzeau.

(10) Le compte-rendu de la Commission intermédiaire, imprimé en 1790, ajoute à

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