‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 202 sur 511 · SON POINT DE DEPART · texte numérisé non relu

SON POINT DE DEPART

« Si la Normandie, disaient-ils, n'a point, avant l'Assemblée de « la nation, présenté ses cahiers, les doléances du peuple, les « impôts qui détruisent son commerce, ses manufactures et ses « fabriques, ceux qui nuisent au progrès de l'agriculture, et les « impôts qu'il serait possible de substituer, les formes les plus c avantageuses de perception, l'abus de quelques privilèges « particuliers, comment se formerait l'ouvrage important que « Votre Majesté, aidée des lumières de son peuple, a pour désir « de conduire à sa perfection ? . . . Il semble donc que chacune « des provinces doit, avant l'Assemblée de la Nation, méditer et « approfondir ses ressources particulières comme ses besoins, et « concourir à la plus grande utilité du gouvernement. . . L'utie lité des Etats provinciaux est trop vivement sentie pour que « nous n'ayons pas l'heureux espoir d'en voir la convocation « prochaine précéder l'Assemblée de la Nation » W.

Il semble que le point de départ de la campagne des Etats provinciaux dans la généralité de Caen fut un mémoire du bureau intermédiaire de Bayeux. En accusant le 10 septembre 1788, à la Commission intermédiaire provinciale de Caen réception de l'arrêt du Conseil du 8 août qui venait de lui parvenir, ce bureau lui témoignait toute sa joie d'une si heureuse nouvelle et affirmait sa foi dans le prochain rétablissement des Etats normands, qui étaient un droit pour la province. Il adressait quelques jours plus tard, le 15 septembre, un mémoire sur cet objet au comte de Balleroy, procureur -syndic provincial ; émettant d'assez curieuses considérations sur les Etats généraux dont on se lasserait avant cinquante ans, il demandait des Etats provinciaux superposés aux trois Assemblées provinciales, et s'applaudissait « de la solidité de la réclamation, jointe à la grandeur de l'exem- « pie » $).

Les autres départements de la Basse-Normandie acquiescèrent vite à ce projet. En écrivant aux municipalités de leur ressort pour demander leur vœu sur la forme de la convocation des Etats généraux, les procureurs-syndics de Coutances leur annoncèrent que la future assemblée de département s'occuperait des Etats provinciaux de la Normandie et « qu'elle délibérerait sur les « avantages qui peuvent résulter de leur rétablissement ou de la « continuation des Assemblées provinciales, ou enfin du concours

(1) Arch. château d'Harcourt, liasse 338.

(2) Arch. dép., Calvados, C 7641.

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