LIBERTÉ DES ÉLECTIONS. GOUVERNEUR ET COMMANDANT EN CHEF
Coutances et Valognes, avec 6. Les délégués des paysans et ceux du Tiers état des villes devaient se réunir pour former l'assemblée préliminaire du bailliage. Les quinze assemblées préliminaires qui se tiendraient dans le ressort des deux bailliages principaux devaient se réduire alors au quart d'entre elles ; ces nouveaux élus devenaient à leur tour les électeurs du Tiers état dans les deux assemblées générales de Caen et de Coutances. La première avait droit à six députés, la seconde à huit.
La période électorale, ouverte dès le début de février dans les ressorts judiciaires de Basse-Normandie, y fut close par la réunion plénière des trois ordres, qui eut lieu à Caen et à Coutances le 16 mars 1789. Le gouvernement se fit une règle de la neutralité la plus absolue. Tous ceux qui, à un titre quelconque, le représentèrent reçurent l'ordre de se tenir en dehors du mouvement électoral, de n'exercer aucune pression sur la rédaction des vœux et le choix des députés aux Etats généraux. Le duc d'Harcourt, gouverneur de la province, retenu à Meudon auprès du jeune Dauphin dont il était le gouverneur, resta étranger aux événements et se contenta de prendre des informations sur eux au fur et à mesure qu'ils se déroulaient W. Son frère, le duc de Beuvron, commandant en chef (2), eut pour unique mission de maintenir, de concert avec l'intendant, le bon ordre et la tranquillité publique. On lui recommanda d'user de prudence et de modération, « d'éviter soigneusement tout ce qui pourrait avoir l'apparence de la contrainte, et faire craindre l'influence de l'autorité » (3). Il tomba d'ailleurs malade au mois de mars pendant un séjour à Rouen (4). Vers la fin de février 1789, l'intendant avait attiré son attention sur les troubles qu'essayaient de fomenter à Caen des jeunes gens venus de Rennes, sur leurs assemblées
(1) Lettres écrites au duc par le marquis de Blangy et le duc de Coigny. Arch. château d'Harcourt, liasse 339. Minute autographe de réponse du duc d'Harcourt au duc de Coigny, 18 mars 1789 : « Je vous remercie, mon cher, duc, de votre attention à me mander la marche de votre assemblée... Je reçois jusqu'à présent des nouvelles également tranquillisantes des divers bailliages de la province... J'en rends un compte exact au roi, qui prend un véritable intérêt à la province... » — François- Henri, duc d'Harcourt, alors âgé de 63 ans, était gouverneur de la Normandie depuis 1783. — VoirBrette, ouv. cilé,, t. I, p. 391.
(2) Anne-François d'Harcourt, duc de Beuvron, alors âgé de 61 ans, après avoir été commandant en second, était devenu commandant en chef en Normandie. A. Brette, Ibid., t. I, p. 437.
(3) Lettre de Villedeuil au duc de Beuvron, 12 février 1789, publiée par Hippeau, ouv. cité, t. Vf, p. 27.
(4) Lettre de Maussion, intendant de Bouen, au duc d'Harcourt, 27 mars 1789. Arch. château d'Harcourt, liasse 339.