‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 230 sur 511 · DEMANDES DE REFORMES DES CURÉS · texte numérisé non relu

DEMANDES DE REFORMES DES CURÉS

mettent fort bien l'idée de leur contribution collective aux impôts, mais la plupart voudraient garder lé privilège de s'imposer eux-mêmes aux décimes. Cette répartition continuerait à être faite par la chambre ecclésiastique de chaque diocèse, dont la composition serait modifiée. Les députés des curés, qui forment la masse des ecclésiastiques du diocèse, y sont toujours l'infinie minorité ; il faut augmenter leur nombre et leur donner une part plus grande à une répartition qui intéresse la majorité du clergé (1). Il faut se garder aussi contre les abus d'autorité des évêques. Des synodes annuels ou triennaux, composés de tous les ecclésiastiques du diocèse, éliraient un conseil permanent chargé de siéger avec l'official et d'assister l'évêque dans l'administration de la justice (-).

Pour opérer ces réformes et réaliser ces améliorations, les curés comptent sur l'Assemblée nationale. Ils s'en remettent à elle du soin de détruire les abus de l'Eglise, ils provoquent son intervention dans un domaine dont plus tard ils lui interdiront l'accès, dans le règlement de questions vitales comme celles des rapports avec Rome, de la distribution des pouvoirs ecclésiastiques ou du sort des biens d'Eglise. L'on trouve déjà en germe, dans ces cahiers particuliers, la future Constitution civile du clergé.

Les curés bas-normands avaient eu tout le temps de dresser leur programme de revendications. Pendant un mois et demi, il leur avait été donné d'assister au mouvement électoral du Tiers état ; ils en avaient été partout les témoins ; quelquefois ils y avaient joué le rôle d'acteurs. Partout ils avaient annoncé au prône la date de l'assemblée électorale de leur paroisse ; en plus d'un endroit ils avaient, directement ou indirectement participé à ses délibérations ; sur quelques points même ils l'avaient présidée (3). La communauté de leurs intérêts ne les avait-elle pas rapprochés souvent des paysans? N'avaient-ils pas à se plaindre du haut clergé comme le Tiers se plaignait de la noblesse, et pour les mêmes raisons? Ils suivirent donc avec une complai-

(1; Souhait et doléances pour une réforme clans la chambre ecclésiastique chargée de la répartition des décimes, que fait Jean-Jacques Bouffey, prêtre, curé de Saint -Aiynan-le- Malherbe. diocèse de Bai/eux, dans Hippeau, ouv. cité, t. VU, p. 191-199.

(2i Vœu de Jacques Seigle, curé de la paroisse de Monceaux. Vœux du clergé de Saint-Pierre-de-Caen, dans Hippeau, ouv. cité, t. VII, p. 206 et 159.

(3) Exemples : à Mondeville (bailliage de Caen) ; Aubusson, La Chapelle-Cesselin, Roucamp, Saint-Pierrc-du-Tronchet (bailliage de Vire) ; Saint-Martin-le-Vieux (bailliage de Coulances) ; Maupertuis. Omonville-la-Petile, Sideville, Sortosville près Valognes, Saint-Martin-le-Gréard. Sa4nte-Geneviève (bailliage de Valognes).

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