‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 237 sur 511 · LA COMPARUTION INDIVIDUELLE AUX ASSEMBLEES PRIMAIRES · texte numérisé non relu

LA COMPARUTION INDIVIDUELLE AUX ASSEMBLEES PRIMAIRES

encore à faire (U. S'il fallait accepter à la lettre les renseignements fournis par les procès-verbaux de ces assemblées pour les bailliages de Caen, Torigni, Vire, Coutances et Valognes, on serait amené à conclure que les paysans bas-normands accomplirent pour la première fois sans enthousiasme leur devoir de citoyens. Sur de nombreux points, en effet, l'on constate des écarts assez considérables entre le chiffre de la population taillable présumée, telle que la révèlent le nombre des feux et celui des cotes d'imposition (2), et le chiffre des électeurs mentionnés comme comparants au procès-verbal ou signataires du cahier. Beaucoup de paroisses composées de 100 à 200 feux ne fournissent que 15 à 20 signatures. A Bricquebec, bourg de 920 feux, l'assemblée comprend 61 électeurs présents, dont 53 ont signé ; à celle de Brix, bourg de 567 feux assistent 45 comparants, dont 37 signataires ; à Montebourg, 25 électeurs représentent les habitants de 412 feux ; 16 comparants à Saint-Vaast-la-Hougue (500 feux), 17 à Barfleur (200 feux), 35 à Argences (350 feux), 60 à Courseulles (200 feux), 22 à Ouistreham (152 feux), 19 à Troarn (160 feux), 16 à Fiers (400 feux), etc. . ., ne pouvaient de toute évidence être les seuls taillables de ces paroisses. Combien de bourgs et de communautés qui, d'après les listes électorales de 1790, à une époque où le cens de trois journées de travail sera exigible, compteront un nombre respectable de citoyens actifs, semblent n'avoir été représentés aux assemblées primaires de l'année précédente, où les conditions d'accès étaient beaucoup moins rigoureuses, que par une infime minorité d'électeurs (3) ! D'après ces aperçus, il est vraisemblable que les défaillants ont été assez nombreux dans les assemblées paroissiales de la généralité de Caen, et que le Tiers état rural, « appelé presque tout

(1) Pour plus de détails sur celle question, voir F. Mourlot. La Comparution individuelle des citoyens du Tiers état aux Assemblées électorales des paroisses pour les Etals généraux de 1789. Communication faite au Congrès des Sociétés Savantes, 1906.

(2) La population électorale, en 1789, se confondait, on le sait, avec la population •les contribuables âgés de 25 ans, quelque faible que lût leur cote d'imposition.

(3j Une comparaison établie pour les paroisses du bailliage de Caen, entre le chiffre des électeurs présents aux assemblées de 1789 et celui de la population électorale de 1790, est 1res significative à cet égard. En voici quelques exemples : Allemagne, 31-52; Amayé-sur-Orne, 22-57 ; Amayé-sur-Seulles, 26-62; Ainblie: 13-42; Amfréville, 42-93; Argences, 35-117; Banneville-sur-Ajon, 22-60; Basly, 30-77; Bavent, 41-112; Bény, 31-70; Bretteville-sur-Odon, 25-75; Carpiquet, 15-96; Courseulles,60-J22; Evrecy, 30-76 ; Hermanville, 28-90 ; Langrune, 43-214 ; Lion, 31-117 ; Luc. 25-227 : Ouistreham, 22-102, etc. — Nota : Le premier chiffre désigne les électeurs de 1789, le second les citoyens éligibles et actifs de 1790.

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