‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 261 sur 511 · ADRESSES DU TIERS ÉTAT ET DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

ADRESSES DU TIERS ÉTAT ET DU CLERGÉ

« droits sacrés de la propriété et les distinctions nécessaires dans « une monarchie, s'en rapportant absolument aux Etats géné- « raux pour régler les immunités et privilèges à conserver indis- « pensablement à la noblesse » (D.

La députation de cet ordre fut cordialement accueillie par le Tiers, qui le 23 mars lui répondit par cette adresse : « L'ordre « du Tiers état du bailliage de Caen, animé du désir de maintenir « l'harmonie entre les ordres, a délibéré qu'il serait fait une « députation à MM. de la noblesse pour les assurer qu'il a reçu « avec la plus grande satisfaction l'arrêté qu'ils ont pris de sup- « porter dans une parfaite égalité, et proportionnellement à « leur fortune, les impôts et contributions générales de la pro- « vince. L'ordre du Tiers état se fera toujours un devoir de « respecter les distinctions qui appartiennent à la noblesse dans « une monarchie, bien persuadé que les immunités et privilèges « qu'elle se réserve de faire régler par les Etats généraux ne « seront point contraires aux droits ni à la liberté du Tiers état, « ni au bonheur de la nation » (2).

L'ordre du clergé alla beaucoup plus loin. Non seulement il envoya aux deux autres ordres une adresse où il déclarait consentir à l'établissement de l'impôt sur toutes les propriétés, mais il leur proposa de nommer chacun un nombre égal de commissaires pour travailler tous ensemble à la rédaction d'un cahier commun W.

Le Tiers état reçut cette déclaration « avec la plus grande sensibilité » et y répondit « qu'il serait très flatté de se réunir « aux deux ordres pour fixer les principes de la Constitution « française, l'établissement d'impôts moins onéreux et leur « répartition plus égale ». La noblesse montra moins d'enthousiasme, et après quelques jours de réflexion, répondit par cette fin de non-recevoir : « Le premier mouvement de la chambre de « la noblesse a été d'accepter avec empressement le Vœu proposé « par la chambre du clergé de réunir les cahiers. En adoptant les « vues sages et conciliantes qui l'ont déterminée à cette démarche « patriotique, elle a trouvé à son grand regret que la réunion « des cahiers en commun apporterait des longueurs et nécessite- « rait des changements qui détermineraient une assemblée géné-

(1) Arch. greffe de la Cour d'appel de Caen, Registre. Cf. Arch. nat, C 17, 1. 382 et Ba 27, 1. 45.

(2) Ibid. et Arch. nat.. C 17, 1. 38.

(3) Ibid.

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