‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 265 sur 511 · RIVALITÉ DE SOULAVIE ET DE MESNILGRAND · texte numérisé non relu

RIVALITÉ DE SOULAVIE ET DE MESNILGRAND

de Cairon, abbé de Barbery, Méry de Berthenonville, doyen du Sépulcre, et quelques autres adhérèrent à la protestation du chapitre. Mesnilgrand, prieur de l'abbaye Saint-Etienne, un des membres les plus actifs de la Commission intermédiaire provinciale, très ambitieux et désireux de capter les suffrages en ménageant les deux partis, y adhéra aussi, mais en formulant des réserves ; il déclara « respecter le Règlement royal » et se contenta d'une protestation platonique pour l'avenir. Une partie del'Université de Caen se rangea à son avis. Ces diverses protestations restèrent d'ailleurs sans effet: l'immense majorité de l'assemblée se rallia à la voix du prêtre Jarry qui en faisait justice, et sans se préoccuper davantage du départ du chapitre et de l'évêque, auquel, par courtoisie, elle avait envoyé une délégation pour le prier de revenir sur sa détermination, elle continua à délibérer sous la présidence de l'abbé de Barbery tt). Sur la proposition de Soulavie, vingt-cinq commissaires (cinq par bailliage) furent élus pour la fusion des cahiers particuliers $). Soulavie fut l'un des commissaires du bailliage de Torigni et le rédacteur général du cahier. Il avait déjà exposé son programme de réformes dans une brochure intitulée V Aristocratie enchainée (3). II y demandait la soumission des biens du clergé à l'impôt, la fusion du clergé et des autres ordres, le retour des dîmes au curé après la mort des commendataires. Il espérait faire accepter ce programme aux curés, en grande majorité dans la commission, où il n'était entré que cinq religieux. Mais le chef de cette minorité, le bénédictin Mesnilgrand, « jeune, vigoureux et beau parleur » fut assez habile pour effrayer les autres commissaires, et bientôt Soulavie se trouva isolé. Obligé de modifier contre son gré les

(1) « Un vieillard moribond s'est saisi du fauteuil et s'est nommé président... » Journal des élections, etc., 22 mars 1789. Arch. nat, Ba 27, 1. 45.

(2) Commissaires-rédacteurs élus : Pour le bailliage de Bayeux : Le Tuai, curé de Saint- Vigor-le-Grand ; Liot, curé de Catilly ; Scelles, curé de Houtteville ; Delleville, curé de Crépiu, et le prieur de Saint-Vigor. Pour le bailliage de Caen : Levêque, curé de Tracy ; les curés de Hamars, de Saint-Sauveur et de Saint-Nicolas de Caen et dom Mesnilgrand, prieur de Saint-Etienne de Caen. Pour le bailliage de Falaise : Le Tellier, curé de Bonnœil ; les curés de Saint-Germain de Falaise, de Mézidon, de Sainte-Opporlune et de Pont, près Jores. Pour le bailliage de Torigni : Soulaville (ainsi écrit le procès-verbal original), curé de Septvents ; les curés de Sallen, La Chapelle-IIeuzebrocq, Saint-Clair et le prieur de Guilberville. Pour le bailliage de Vire : les prieurs de Carville et de Roullours ; les curés de Saint-Martin-de-Tallevende, Saint-Germain-du-Crioult et Cerisy-Belle-Etoile.

(3) La deuxième partie de cette brochure était intitulée : Les doléances des curés de Normandie présentées par le sieur Soulavie, curé de Septuents, au bailliage de Caen (16 pages).

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