‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 274 sur 511 · CAHIERS \H CLERGÉ A CAEN ET V COUTANTES · texte numérisé non relu

CAHIERS \H CLERGÉ A CAEN ET V COUTANTES

communes, ils placèrent l'obligation pour le gouvernement de protéger la religion catholique. Si l'on montra, à Coulances, une certaine tolérance en faveur des protestants, on fut intraitable à Caen contre tous les dissidents (V. Des deux côtés, on exigea le respect dû « aux choses, aux jours, aux lieux et aux personnes de la religion », la destruction des « mauvais livres ». Caen proposa l'adoption d'un plan d'éducation nationale, catholique et monarchique.

Dans les deux bailliages, le clergé émit son avis sur la Constitution. Il réclama la périodicité des Etats généraux, la rédaction d'une charte constitutionnelle précédée d'une Déclaration des droits du citoyen. Il sembla préoccupé surtout de mettre un frein au despotisme royal, de prendre ses précautions contre l'arbitraire ministériel. Dans cette monarchie ainsi restaurée il revendiqua la première place W. Si, par une extrême prudence, il n'effleura d'aucune allusion la question alors brûlante du vote par ordre ou par tête, sa conception générale de l'Etat ne laisse aucun doute sur ses préférences à cet égard. En face de l'impôt, le clergé des deux bailliages n'eut pas la même attitude. A Coutances, la majorité demanda « à conserver ses formes » d'assiette et de répartition, se déclarant prête aux « sacrifices pécuniaires » que les circonstances exigeraient $). Le clergé de Caen, gagné an* idées de Soulavie, demanda à rentrer au regard de l'impôt « dans la classe commune des citoyens » et renonça à toute espèce de distinction pécuniaire, à la condition que l'Etat se chargeât de ses dettes. Les nombreuses réformes que, dans l'ordre social, judiciaire, économique l'opinion publique signalait aux futurs

est plus verbeux que le cahier de Coutances, divisé en quatre parties : religion ; législation ; impôts et finances ; clergé, el comprenant en tout soixante et un articles très brièvement formulés.

(1) « One la religion catholique soit la seule religion reçue el dominante dans loul le royaume... que tout autre culte -«.il absolument défendu et prohibé. » (Clergé du bailliage de < laen.j

2) Ce vomi es!, plus discrètemenl exprimé à Coulances qu'à Caen, où « le clergé regarderai! le mélange des ordres comme destructif de la plus ancienne «lèses prérogatn es ».

3J 11 est très probable que le projet de cahier soumis à l'Assemblée contenait une déclaration formelle de renonciation aux privilèges pécuniaires, et que les manœuvres du haut, clergé ont amené, par des démarches individuelles et d'habiles con cessions sur divers objets déports el dîmes, notamment la majorité des curés a voter le maintien des privilège- de l'ordre en matière fiscale. Voir Bridrey, arl. cité, p. 124. I ne minorité de 36 membres protesta contre l'article 4 du cahier « qui paraissait admettre dan! le clergé le prétendu privilège de s'imposer lui même. » Voir ci-de-sus, p. 241, note 3.

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