‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 299 sur 511 · ADOPTION DE CERTAINS VOEUX CORPORATIFS A CAEN · texte numérisé non relu

ADOPTION DE CERTAINS VOEUX CORPORATIFS A CAEN

ces, un nombre restreint seulement a pu se glisser dans le texte du cahier de Gaen. Les rédacteurs ont fait place à la requête des tanneurs sur la suppression de la marque des cuirs (*), parce qu'elle était appuyée par les selliers, Jes cordonniers, les libraires, les parfumeurs, les chaudronniers, parce que le corps des négociants s'y intéressait et parce que les juges-consuls la réclamaient avec insistance. Pour des raisons analogues, ils admettent les vœux des cartiers relatifs à la suppression des droits sur le papier (*2), ceux des épiciers, cuisiniers et brasseurs relatifs à la suppression du trop-bu (3), et, d'une façon générale, tous ceux que la juridiction consulaire, qui comptait trois de ses membres au sein de la commission de rédaction, avait pris sous son patronage. Ils empruntent h certains cahiers particuliers l'idée de réformes utiles à la cité : a celui de l'amirauté, le projet d'un canal entre l'Orne et la Sarthe, destiné à faire de Caen l'entrepôt d'une vaste région agricole (i} ; à celui des vinaigriers, une sévère critique du corps des ingénieurs, qui s'entêtaient à construire des ponts de bois dans un pays où les carrières abondaient, et qui, au lieu de faire aboutir le pont tournant du canal de l'Orne à la rue des Garnies, pour l'embellissement de la ville, l'avaient maladroitement placé en face du clocher d'une église voisine $) ; à celui des maçons, l'heureuse idée d'une école gratuite de dessin, capable de former de bons ouvriers W. Le cahier urbain est loin de refléter avec exactitude la pensée intime des corporations en ce qui concerne leur régime ; alors que presque toutes en demandent l'amélioration par la suppression de l'édit fiscal de 1779 C'\ il suppose la prolongation de ce régime, et se contente d'insérer deux vœux relatifs à l'hérédité des maîtrises pour les enfants des maîtres décédés, et à la survivance des droits de ceux-ci en faveur de leurs veuves (S ; mais il omet les demandes de suppression des droits de marque et de visite, si impatiemment supportés par les artisans des divers métiers (9).

(1) Cahier de Cacn, 3« partie, art. 18.

(2) Ibid., art. 19.

:: Ibid., art. 18.

I Ibid., art. 5.

(5 Ibid., art. 4.

(6 Ibid., art. 13.

(7 Cahiers des passementiers, des fabricants d'étoffes de soie, des tailleurs, des tapissiers, des merciers-drapiers, des épiciers, des cordonniers, des chaudronniers, des chapeliers., des bonnetiers bas-étamiers, des boulangers, des bouchers.

(8) Cahier de Caen, 3« partie, art. 7.

(9) Cahiers des fabricants d'étoffes de soie, des tailleurs-fripiers, des tapissiers, il» ■> serruriers, «les selliers, des cartiers-papetiers, des maçons, des brasseurs de bière.

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