‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 304 sur 511 · TRIOMPHE DES VOEUX URBAINS · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DES VOEUX URBAINS

la commission réglée pour le bailliage secondaire de Saint-Lô » n '.

Lorsqu'il envoyait à Necker, le 7 février 1789, son mémoire sur le Bocage, un autre bas-normand, Aveline, notaire de Caumont, avait déjà prévu l'effacement des campagnes dans la convocation des Etats généraux et dans la rédaction des cahiers. « Je n'aurais « eu aucune voie ouverte, dit-il, pour le faire passer [son mémoire]. « Je ne pourrais pas en avoir par les députés qui seront élus pour « la Normandie, puisqu'il est probable qu'ils seront de Caen ou « de quelque autre ville, et qu'ils seront choisis dans la robe, « classe à laquelle mon mémoire ne convient pas . . . Nous ne « sommes pas encore dans un siècle ni dans une révolution où « on verra les cultivateurs admis dans les assemblées publiques « pour éclairer la source des maux » <2\

Les prédictions d'Aveline devaient se réaliser. Les cahiers des assemblées préliminaires étant l'œuvre de commissions où l'élément urbain l'emporta, le plus souvent par le nombre et toujours par l'influence, furent la réédition du cahier de la ville principale, revue et légèrement augmentée par les apports de quelques cahiers ruraux. C'était la voix des villes qui étouffait celle des campagnes, et, dans les villes elles-mêmes, c'était la voix des magistrats et des hauts bourgeois qui dominait le bourdonnement confus des métiers (SK

L'élimination des vœux d'ordre particulier et d'intérêt local au profit des doléances d'ordre général allait se poursuivre dans la dernière série des opérations relatives à la rédaction des cahiers, c'est-à-dire aux deux chefs-lieux des deux bailliages principaux de Coutances et de Caen.

Comment s'opéra, dans chacune de ces deux villes, la fusion en un seul cahier, d'une part des cahiers d'assemblées préliminaires des dix bailliages du Cotentin, et, d'autre part, de ceux des assemblées préliminaires des cinq bailliages du ressort principal de Caen? Dans les deux endroits, on eut recours à des commissions d'un effectif très réduit. C'était une nécessité, en raison

(1) Doléances de la paroisse de Saint-Jean-d'Agneaux, avec leltre d'envoi de Gonfrey, 11 mars 1789. Arch. nat., Ba35, liasse 70, dossier 10. — Voir Bridrey, ouv. cite, t. I, Introduction, p. 38.

(2) Cahier du Bocage, avec lettre d'envoi d'Aveline, 7 février 1789. Arch. nat-, Ba 27, liasse 45.

(3) Il convient de faire une exception en faveur du cahier de rassemblée préliminaire du Tiers état du bailliage de Mortain, qui consacre un chapitre spécial aux doléances locales, et qui passe en revue les nombreuses charges pesant sur l'agriculture.

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